L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux

Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Je tiens à m’excuser sincèrement pour l’absence de la semaine passée mais pour une fois j’ai une bonne excuse ! J’ai repris le chemin de l’école… Enfin bref, sans plus attendre, voici l’analyse du jour (en retard).

De quoi ça parle ?

Nine est furieuse. La grande fête du lycée doit se dérouler ce vendredi soir, pourtant rien ne se passe comme prévu. Titania, sa génitrice, l’a fait monter dans la voiture familiale et les voilà toutes les deux embarquées vers une destination inconnue. Torture et maltraitance ! L’adolescente crie au scandale. Mais sa mère fait la sourde oreille et le véhicule sort lentement des routes encombrées de la ville, s’engageant vers le lointain.

La nuit est tombée maintenant et Titania n’a livré aucune explication. Nine s’impatiente et commence à se poser des questions. Finalement, le voyage se termine inopinément lorsque, sous les yeux de la jeune fille de dix-sept ans, s’étale un grand lac enveloppé de la nuit épaisse. Au bord, une cabane marquée par le temps et l’humidité.

Sa mère la fait entrer, allume les braises dans le foyer et commence tranquillement à préparer le repas. Enfin, quand chacune est attablée, Titania prend la parole. La femme le sait, ses mots ne pourront se tarir qu’au lever du jour. Beaucoup d’explications doivent être données et une génération entière de l’arbre généalogique se trouve sur le point d’être dévoilée. Les non-dits ont assez duré, il lui faut parler à sa fille de sa famille, de son passé. Quand l’aube paraîtra, les secrets auront été révélés. Pour le meilleur ou pour le pire ? Cela, personne ne le sait…

Mon avis :

L’aube sera grandiose est un roman qui a rencontré un succès assez important au moment de sa sortie en librairie. Je le trouvais partout alors : sur les réseaux sociaux et même dans les bibliothèques de mes amies. Comme pour Boo de Neil Smith, je n’en rencontrais qu’éloges et recommandations. Mes attentes étaient donc élevées.

  • La structure :

La construction du récit est l’un des premiers éléments qui m’a marqué. Au fil des chapitres, le point de vue alterne entre le présent et le passé.

Dans le premier cas, nous sommes en compagnie de Nine et de sa mère, pendant que les deux jeunes femmes déterrent de vieux secrets enfouis.

Dans le deuxième cas, nous assistons justement à la résurrection de ce passé, au travers de l’enfance de Titania et de ses « lourds antécédents familiaux ».

Au premier abord, cette structure m’a paru très attirante. Je suis, je l’avoue, une grande fan de ce type de roman. Cependant, je ressors de cette expérience avec le goût amer de la déception…

Commençons par les points positifs toutefois :

  • Les qualités :

Les chapitres se déroulant dans le passé ont été, je trouve, une grande (voire la seule) réussite. Les moments insignifiants de l’enfance sont superbement dépeints et les personnages sont incroyablement touchants, attendrissants et vivants !

En somme, seuls les épisodes banals et communs du récit ont réussi à lui conserver un semblant de dignité. Un comble !

Par ailleurs, sur un aspect totalement différent, un léger bonus peut être accordé à la couverture de l’ouvrage, qui est, je dois dire, très esthétique.

Malheureusement, bien vite, les choses se gâtent…

  • Les défauts (et il y en a beaucoup…) :

Lorsque les soi-disant « révélations » viennent percer le tissu innocent de l’enfance de Titania, les affaires tournent rapidement au vinaigre. Les fameux plot-twist sont tirés par les cheveux et les évènements n’ont aucun lien les uns entre les autres.

Plusieurs fois, confrontée à la décision de l’un des personnages, je me suis questionnée sur ses motivations. Jamais je n’ai trouvé de réponses plausibles et acceptables : les actions de la trame n’ont pas de sens.

Les chapitres du présent sont improbables et niais ; les réactions mère-fille inappropriées et les moments de complicité mal racontés, ridicules. (Combien de fois me suis-je surprise à lever les yeux au ciel ?)

Enfin, le dénouement n’en est pas un, à tel point que j’ai dû rester plusieurs secondes, assise, à me questionner sur son sens et l’interprétation qui devait en être tirée. Encore une fois en vain.

  • Revue globale :

Beaucoup défendront probablement à corps et à cris ce roman, lui trouvant toute sorte de justifications et d’excuses. Mais pour moi, il n’a aucune consistance.

Les seuls passages agréables à mes yeux sont ceux de l’enfance, des souvenirs. Cependant, il semblerait qu’eux non plus ne servent à rien. Vers la deuxième moitié du roman, ils sont rapidement relégués au fond de la cour par l’auteur.

C’est à ce moment-là que se pose la question suivante : à quoi cela sert-il de raconter et de mettre en place un tel décor qui au final sera jeté à la poubelle ? Pourquoi placer le lecteur dans une atmosphère particulière avant de lui faire comprendre qu’en réalité, seules les soi-disant « explications » sont importantes (d’autant plus que celles-ci sont très peu révélatrices de quoi que ce soit) ?

Cet ouvrage tenait une bonne matière et un potentiel intéressant qui ont été gâchés. Je ne relirai plus de livre de l’auteur.

  • Petit point important concernant ce livre :

Avant de conclure cette critique, j’en profite pour apporter quelques brèves précisions sur la branche de littérature à laquelle appartient ce livre et qui de nos jours remporte de plus en plus de succès : la littérature « Young Adult ». Beaucoup d’adolescents de mon âge écument les titres de ce genre et ne jurent que par eux ! Pour moi cependant, ça ne marche pas.

Comme démontré ici avec L’aube sera grandiose, mais ce livre n’est pas isolé, les intrigues sont trop simples, trop enfantines. Les histoires sont grosso modo toujours les mêmes : de pauvres petits adolescents incompris ont de gros problèmes. Pourtant, ils sont les plus gentils, adorables et parfaits du monde (bien qu’ils le cachent parfois sous des airs sombres). Alors, vite vite, ils vont sauver le monde entier !

Enfin bref, la littérature adolescente, ce n’est pas ma tasse de thé et j’essaie en ce moment même de vider ma bibliothèque des derniers ouvrages de l’enfance/Young Adult. Je souhaite découvrir de nouvelles choses et ouvrir mes horizons comme on dit (non je ne suis pas folle).

Pourquoi, attendre pour découvrir la littérature « adulte » ? Est-ce vraiment nécessaire de patienter dans une autre catégorie apparemment « plus appropriée » à mon âge ?

Voilà ! C’est tout pour mon petit coup de gueule de la semaine. Bien évidemment, tout le monde est libre de lire ce qu’il veut, etc. etc. Du moment que l’on s’adonne à la lecture, n’est-ce pas l’essentiel ? Ces expressions métaphysico-niaises sont le signe que je dois m’arrêter d’écrire. Sur ce, à la semaine prochaine : ).

Book Haul

Bonjour !

Chers amis, la situation est grave… (Percevez le ton dramatique qui pointe dans ma voix). Vous rappelez-vous un récent article intitulé : « Nouveaux achats livresques » ? Je vous y exposais mes dernières acquisitions et donc ma future PAL.

Malheureusement, du temps a passé depuis, de l’eau a coulé sous les ponts… Bref, j’ai presque achevé tous ces innocents ouvrages. Autrement dit, il s’est avéré urgent de regarnir ma bibliothèque. Aujourd’hui je viens donc vous présenter les nouveaux membres de ma communauté : six sympathiques petits compagnons.

Étant donné que je n’ai pas encore lu ces livres, les résumés ci-dessous ne sont pas tirés de ma propre expérience. Par ailleurs, la grande majorité des romans qui vont suivre sont en ma possession sous une copie anglaise. Je suis donc allée chercher pour vous leur présentation, pour la plupart sur le site de leur éditeur français.

Voilà ! Maintenant, rentrons dans le vif du sujet :

Pour commencer :

  • Grace de Paul Lynch :

Résumé tiré de l’éditeur Albin Michel

Irlande, 1845. Par un froid matin d’octobre, alors que la Grande Famine ravage le pays, la jeune Grace est envoyée sur les routes par sa mère pour tenter de trouver du travail et survivre. En quittant son village de Blackmountain camouflée dans des vêtements d’homme, et accompagnée de son petit frère qui la rejoint en secret, l’adolescente entreprend un véritable périple, du Donegal à Limerick, au cœur d’un paysage apocalyptique. Celui d’une terre où chaque être humain est prêt à tuer pour une miette de pain.

  • L’Institut de Stephen King :

Résumé tiré de l’éditeur Albin Michel

Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent.

Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.

Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

  • Les Revenants de Laura Kasischke :

Résumé tiré de l’éditeur Le Livre de Poche

Une nuit de pleine lune, Shelly est l’unique témoin d’un accident de voiture dont sont victimes deux jeunes gens. Nicole, projetée par le choc, baigne dans son sang, et Craig, blessé et en état de choc, est retrouvé errant dans la campagne. C’est du moins ce qu’on peut lire dans les journaux mais c’est une version que conteste Shelly. Un an après, Craig ne se remet toujours pas. Il ne cesse de voir Nicole partout… Serait-il possible que, trop jeune pour mourir, elle soit revenue ?

  • Le Chardonneret de Donna Tartt :

Résumé de l’éditeur Pocket

Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout avec lui ?

  • Le Maître des illusions de Donna Tartt :

Résumé de l’éditeur Pocket

En décrochant une bourse à l’université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand-chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s’entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l’opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l’avis de ses professeurs, il tente de s’introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d’imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

  • Furie de John Farris :

Résumé de l’éditeur Gallmeister

Gillian Bellaver, 14 ans, grandit dans l’une des plus riches familles au monde, entourée de musique et de livres. Robin Sandza, lui, a comme père Peter, un tueur professionnel à la solde du gouvernement. Ces adolescents semblent n’avoir rien en commun, d’ailleurs ils ne se connaissent même pas. Pourtant, reliés par une étonnante connexion mentale, tous deux possèdent d’effrayants dons psychiques, capables de mettre en danger l’humanité tout entière. Alors que les membres d’une organisation gouvernementale se lancent sur la piste de Gillian et Robin pour découvrir l’origine de leurs mystérieux pouvoirs, Peter Sandza doit utiliser tous ses talents pour protéger les deux adolescents. Et la furie n’épargnera personne.

Et voilà ! C’est tout pour moi…

Peut-être que ces ouvrages vous ont paru tout aussi alléchants qu’à moi ! Lequel vous tente le plus ? Dites-moi tout en commentaire ; ).

Sur ce, je vous dis à bientôt. Mais avant de partir, je vous offre quelques souvenirs des premiers jours du déconfinement, lorsque les parcs n’étaient pas encore ouverts…

Et la lune, là-haut de Muriel Zürcher

Hey les amis ! J’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle critique. Sans plus attendre, la voici :

De quoi ça parle ?

Alistair n’a qu’un rêve : partir sur la Lune. Mais à vingt et un ans bien comptés, il n’est jamais sorti de son petit appartement. Depuis sa naissance, sa mère l’y enferme et lui refuse la moindre interaction avec l’extérieur.

Le jeune adulte ne s’en trouve pas pour autant démuni. Géni des maths, il a appris tout seul un tas de matières complexes, telles que la planétologie ou la science des matériaux.

Néanmoins, il y a une chose qu’il n’a jamais totalement réussi à maîtriser depuis l’écran de son ordinateur : la vie sociale. Prisonnier de sa propre génitrice, il n’a pas connu ce qui semble anodin au commun des mortels : courir, interagir, discuter, voyager, faire ses courses…

Alors, lorsqu’il se réveille un matin pour découvrir le corps sans vie de son bourreau étendu dans le salon, il va bien vite se rendre compte d’une chose : la réalité n’attend jamais pour nous rattraper. Bientôt, le grand monde sauvage et inconnu forcera les portes de sa cellule douillette…

Yaro, à peine dix-huit ans et complètement livré à lui-même, ne peut compter sur personne. Sans-papier, il erre dans les rues de la ville, à la recherche de LA bonne affaire.

C’est ainsi qu’en apercevant un grand gars déboussolé sortir de son immeuble, il pense avoir touché le gros lot. Mais comme le dit le dicton, les apparences sont trompeuses et l’occasion idéale tourne bien vite au vinaigre. Dès que Yaro établit le contact avec Alistair, il s’engage dans un nid d’embrouilles dont il ne pourra se dépêtrer.

Envers et contre tout, l’adolescent et le grand échalas rêveur s’unissent et s’engagent dans une aventure périlleuse contre la société et les barrières imposées. À deux ne peut-on pas tout conquérir ? Des papiers par exemple, ou encore la Lune !

Mais les épreuves ne sont pas toujours simples pour deux hommes toujours enfants, surtout aux yeux de la grande matrice : l’opinion publique.

Mon avis :

  • Les personnages :

Ils sont attachants.

Je pèse mes mots, rendez-vous compte. Alistair, jeune adulte vif mais spécial, aimante le lecteur et attise sa sympathie. Comme le dit son compagnon de voyage : Alistair

« est le gars le plus asocial qu’[il] connaisse, il passe son trajet à éviter le moindre contact physique avec sa sublime voisine, il reste plongé dans son livre, et malgré ça, il réussit à créer un lien entre tous les gens du wagon. […] [Si Yaro] avait la moitié de la capacité d’Alistair à embobiner les autres, il aurait déjà été régularisé. »

Dans la dernière analyse littéraire en date sur ce blog (Boo de Neil Smith), le protagoniste, Oliver, possédait un caractère trait pour trait identique à celui de ce jeune homme lunatique de vingt et un ans. Toutefois, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire, ce personnage m’avait paru trop peu réaliste, enfantin à mon goût. Malgré les efforts visibles de l’auteur, je ne suis pas parvenue à éprouver de la sympathie pour lui. Il arrive assez fréquemment que l’écrivain n’arrive pas à coller à son personnage : sa mentalité, son âge. En voulant créer un être marginal ou plus clairvoyant que les autres, on aboutit trop souvent à un côté « surfait ».

Ici, bien au contraire, Alistair a souvent provoqué de grands éclats de rires chez moi. Son attitude décalée, toujours un train de retard derrière les autres, mais néanmoins beaucoup plus en avance qu’il n’y paraît, n’a pas manqué d’attirer mon attention. Bien que les émotions de celui-ci puissent apparaître pour certains encore plus puériles que celles d’Oliver, il possède une aura, un petit quelque chose de plus qui ne manque jamais d’enthousiasmer le lecteur. Tout compte fait, la description de Yaro citée plus haut se révèle d’une vérité pure et dure !

Quant aux autres protagonistes de ce roman, Yaro, Sidonie, ils sont également dignes d’attention. Pétillants et sarcastiques, dérangés et spontanés… Tous contribuent à cet incroyable mélange frais et revigorant.

  • La trame :

Le fil conducteur de cet ouvrage est… intéressant. Plaisant et simple, il n’est pas difficile à suivre et ne requiert pas une grande attention du lecteur. Toutefois, il ne possède pas le petit plus qui peut rendre un roman « marquant ».

Une fois après avoir tourné la dernière page du roman, ma première pensée a été :

« C’est une agréable lecture que voilà ! »

Toutefois maintenant, quelque temps plus tard, la trame a déjà commencé à s’effacer de ma mémoire. Ceci ne peut signifier qu’une chose : ce n’est pas un livre à l’empreinte durable.

  • En conclusion…

Et la lune, là-haut me laisse mitigée. M’inspirant à la fois beaucoup et peu. Il est parfois des romans qui offrent matière à réflexion et, au bout du compte, n’apportent pas grand-chose.

Outre les personnages attachants et sympathiques, le style est fluide, agréable et possède une certaine originalité. En somme les ingrédients sont réunis pour créer un très bon ouvrage et pourtant, faute de véritable armature, l’impression laissée par sa lecture se dissout presque entièrement au fil du temps !

Mais bon… Au fond, le mieux serait que vous testiez, vous aussi, et que vous m’en fassiez des retours ! ; )

  • Un avant-goût pour les intéressés :

Il est toujours bon de partir avec une atmosphère en tête. En trois citations, Et la lune, là-haut peut se résumer ainsi :

  1. « Le lendemain, elle attache les menottes autour des chevilles de son fils. La chaîne qui les relie fait une quarantaine de centimètres, de quoi se déplacer à très petits pas dans l’appartement. Il lui faut moins de quatre heures pour réussir à débloquer le mécanisme et se libérer. Les chaînes sont aussi dans sa tête, il ne sortira plus de l’appartement. »
  2. «  Je fais des photos des rails, sous le train. Ils brillent et il y avait un oiseau. Tu crois qu’il existe un nettoyeur de rails ? Il y a peut-être des souris aussi. Ou des rats, comme Rémi dans Ratatouille.

Yaro accélère le pas. Qu’est-ce qu’il lui a pris de venir à Paris avec lui ? Pour rester discret, il y a mieux !

  – C’est bon ? T’as fini ton reportage animalier, on peut aller à l’Observatoire ? »

3. « Ben non ça va pas. Je me doute bien qu’y a un endroit où ma vie a buggé vu que je suis avec des gens qui parlent de dessécher de la pisse… mais où est-ce que ça a bien pu dérailler ? Là, je ne vois pas. Alistair, au moins, il a une excuse pour être aussi barré. Mais toi, tu devrais être en train de l’engueuler et de l’obliger à régler le problème de sa mère plutôt que de le faire participer à des concours de pisse.

Les concours de pisse sont des concours comme les autres, répond Sidonie. Je ne vois pas en quoi ça te choque. »

Poèmes à la volée

Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous et comment se passe votre déconfinement ?

Je reviens aujourd’hui comme promis pour l’article du jour : ). Comme quoi, les efforts finissent toujours par payer (quelle expression niaise…), car cela fait maintenant trois semaines que j’ai repris l’écriture et il n’y a pas encore eu d’interruption majeure… Ce qui est, ma foi, assez incroyable ! Moi, en train de me jeter des fleurs ? Non

Ce dimanche, je tente pour la première fois un nouveau type de contenu : l’un de mes poèmes. Je me suis inspirée d’une œuvre de Maya Angelou, intitulé Woman Work (soit « Le travail des femmes » en français), qui me plaît énormément et dont j’ai composé une variante.

Les vers qui vont suivre seront en langue anglaise : je n’ai pas trouvé pertinent de chercher ou d’inventer une traduction des textes, pour laisser parler la musicalité de la langue originale.

Woman Work, de Maya Angelou                                                     

I’ve got the children to tend

The clothes to mend

To floor to mop

The food to shop

Then the chicken to fry

The baby to dry

I got company to feed

The garden to weed

I’ve got the shirts to press

The tots to dress

The cane to be cut

I gotta clean up his hut

Then see about the sick

And the cotton to pick.

Shine on me, sunshine

Rain on me, rain

Fall softly, dewdrops

And cool my brow again.

Storm, blow from here

With your fiercest wind

Let me float across the sky

‘Til I can rest again.

Fall gently, snowflakes

Cover me with white

Cold icy kisses and

Let me rest tonight.

Sun, rain, curving sky

Mountain, oceans, leaf and stone

Star shine, moon glow

You’re all that I can call my own.   

Voici maintenant ma propre réécriture :                                 

Woman Work de Dervla O’Shaughnassy

I cook all day

I speak if I may

I never get out       

I constantly doubt

That I’ll do something wrong

And be punished all life long.

Because they say

You talk, you pray

But at the end of the day

I am sorry to say

Who needs women?

Except to make children.

Just cover you hair

Go back to your lair

Be nice and be pretty

And let the big boys be.

So I do what I’m told

But within me I hold

All my anger and tears

And I hope that he hears

That I know for the children

And my heart will tighten,

My beloved daughters

Took them off to the rivers

Came back all alone

Said they ran and they slipped

Fell back and then tipped

But they were four days in all

And couldn’t just crawl.

Then while he said it

His brains were at it,

Pulling me away from the shed

And onto the bed

Teaching me by all mean

What’ll happen if I scream.

Drown me rain

Freeze me snow

Burn me sun

Till I know where to go.

I am not stupid you know

Don’t treat me with hardness

I wish not to leave here

It is not cowardliness.

But that isn’t true

That you think I complain

I wake every day

Wear my clothes on again.

Here I stand before you

To show I won’t fall

But I am just a woman

And who cares at all?

Voilà les amis… Ce n’est pas un poème très joyeux, mais c’est un thème important. J’espère que vous l’avez aimé, en tout cas j’ai moi-même pris beaucoup de plaisir à l’écrire !

On se retrouve comme d’habitude la semaine prochaine : ).

Boo de Neil Smith

Bonjour à tous ! Avant de commencer, je tiens tout d’abord à m’excuser pour mon absence de la semaine dernière. En cette première phase de déconfinement, les retrouvailles et les obligations ont repris le dessus et oblitéré momentanément l’écriture… Je vous rassure toutefois, je n’ai pas de nouveau disparu. Vous allez devoir me supporter pendant encore un moment, mais enfin BREF. Voici l’analyse du jour. Enjoy !

De quoi ça parle ?

Un beau matin de septembre, Oliver Dalrymple se tient devant son casier. Le jeune adolescent, paria de son collège et surnommé « Boo » par ses charmants camarades de classe du fait de sa pâleur spectrale, est en train de réciter les cent six éléments du tableau périodique.

Nous sommes le 7 septembre 1979, à peine une semaine après le retour des vacances. Le garçon se concentre, récite et parvient pour la toute première fois jusqu’au dernier élément chimique. Il n’en revient tellement pas… qu’il tombe raide mort.

L’instant d’après, Oliver se retrouve dans un lit, entièrement nu. À côté de lui, une jeune fille d’à peu près son âge est en train de ronfler paisiblement. Il comprend alors aussitôt que toute cette situation ne peut signifier qu’une chose : il a passé l’arme à gauche. Cette vérité lui vient tout naturellement lorsqu’il s’aperçoit que ces indispensables lunettes n’occupent plus leur place habituelle au-dessus de son nez. Pourtant, sa vue est irréprochable.

Réveillant la « maîtresse des lieux », il apprend qu’elle se prénomme Thelma. Il se trouve désormais au « Village », un endroit spécialement réservé aux trépassés américains de treize ans.

Cet endroit singulier pourrait être qualifié de banal si ce n’était la raison qui y a conduit tous ces jeunes filles et garçons. Le « Village » se compose de quatre grands murs de béton infranchissables à l’intérieur desquels s’organise une société entièrement dirigée par des enfants. Divisée en quinze secteurs, on y trouve ni lacs, ni forêts, ni montagnes, seulement de hauts immeubles de briques rouges. Pas plus d’animaux ou de voitures d’ailleurs ; les habitants doivent se contenter de vélos pour se déplacer.

Petit à petit néanmoins, Dalrymple s’adapte à ce nouvel environnement où la nourriture apparaît toute seule sur les étagères, où les vitres repoussent après quelques jours seulement et où les blessures se soignent d’elles-mêmes. La plomberie et les aliments n’y sont pas meilleurs qu’ailleurs (on y mange des conserves), les querelles et les règlements de comptes n’ont pas cessé comme par magie mais, au moins, les enfants ne manquent de rien. La plupart considère que Dieu leur fournit tous les équipements nécessaires et que derrière leurs grandes murailles se trouvent peut-être des adultes chinois de trente-huit ans, ou toute autre catégorie d’être humain.

Un soir, alors qu’Oliver est plongé dans un profond sommeil, Thelma débarque dans son dortoir avec un « nouveau-né ». Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il s’aperçoit que la nouvelle recrue ne n’est autre que Johnny, son ancien camarade de classe !

Les nouvelles ne sont néanmoins pas bonnes. Le défunt est perturbé, effrayé. Il finit par avouer à Oliver que sa mort, qu’il croyait due à un arrêt cardiaque, résulte en réalité d’un assassinat perpétré par un nouvel arrivant du collège qui a déclenché une fusillade mortelle avant de se suicider par balle.

Maintenant, Dalrymple ne sait trop que penser. Qui est son tueur ? Quelle est la raison de son crime ? D’autant plus que, s’il a lui aussi mis fin à ses jours, il se trouve très probablement au « Village ».

Il décide alors, avec l’aide de Thelma et de son ancien camarade, de partir à la recherche du coupable.

Mais d’erreurs en déprime, de mensonges en désillusion, Boo va se rendre compte que le criminel n’est peut-être pas celui qu’il croit. Pour cause, en chacun de nous, n’y a-t-il pas une petite part de meurtrier ?

Mon avis :

Ce roman m’a été très fortement recommandé dans un comité de lecture auquel j’appartiens. Mes camarades de lecture ne cessaient d’en vanter les qualités. Alors que pouvais-je faire d’autre que de souhaiter me plonger, moi aussi, dans ce roman ?

  • L’histoire pas à pas :

Je savais qu’il fallait s’attendre à de très grands rebondissements et à des retournements de situation haletants. 

Je dois avouer que le début de l’histoire m’a tout d’abord emballée, je ne pouvais plus lâcher ce livre ! Puis le tempo a ralenti, traîné… J’ai peu à peu perdu le goût de cette trame si prometteuse.

Vers la fin, comme par magie, la plume de l’auteur a repris des couleurs, jusqu’au moment où… J’ai pu anticiper la chute. Tout de suite, drame et déluge, une critique assassine se formait déjà dans mon esprit.          

Quelle ne fut donc pas ma surprise, lectrice naïve que je suis, de découvrir que je m’étais tout simplement laissé berner comme les autres. Le fin mot de l’histoire m’a sauté à la figure et je n’ai rien vu venir ! Un bon point doit donc révérencieusement être accordé à cet ouvrage (même si les futurs lecteurs seront désormais à l’affut des tous les dénouements possibles).

  • Les personnages :

Je ne les ai pas aimés.

Oliver, qui est tout de suite présenté comme particulier, est construit de telle sorte qu’il doit s’attirer la sympathie du lecteur. Toutefois, son personnages est trop surfait, peu plausible.

Quant aux autres, Thelma, Esther et Johnny… Ils sont trop enfantins, si je puis dire. Ils sont tout de même censés avoir treize ans !

  • Ressenti global :

En somme, la trame est bonne, voire superbe ! L’intrigue est farfelue, drôle, remettant chacun d’entre nous en question. Toutefois, les personnages sont peu attachants et l’histoire a un aspect trop puéril : l’auteur n’a pas réussi à bien coller à l’âge de ses protagonistes.

Ce n’est pas un « mauvais » livre, il est même réussi, mais je ne relirai probablement pas d’autres ouvrages de l’auteur.

  • Petit plus non négligeable :

Il serait maintenant impoli de ma part de partir sans vous donner un avant-goût de ce roman. Voici donc un propos d’Oliver lui-même :

« C’est la première fois qu’il rit depuis son passage. Je suis encore plus fier que le jour où j’ai réussi à faire augmenter le pH de mon urine en consommant plus d’agrumes.
En conséquence, je me fends d’un sourire. »

Voilà les amis ! C’est tout pour aujourd’hui. J’ai tenté de donner à cette analyse un aspect plus structuré. De fait, qu’en pensez-vous ?

Je dois maintenant vous informer d’un projet que je vais tenter d’entreprendre au cours des semaines à venir et des vacances qui approchent. Je souhaiterais essayer de diversifier le contenu de ce blog par de nouveaux types d’articles. Vous avez par exemple vu le post de la semaine dernière qui traitait de mes futures lectures.

Bien évidemment, les critiques ne s’arrêteront pas, elles sont au cœur de ce Lire Land. Mais, j’ai plusieurs nouvelles idées en tête que j’ai hâte de mettre en pratique.

Je n’en dis pas plus, mais je suis avide de propositions fraîches, donc dites-moi tout en commentaire.

Sur ce, à dimanche prochain !

Nouveaux achats livresques…

Bonjour !

*Comment ? Dervla O’Shaughnassy poste deux articles en moins de trois jours ?! Elle doit avoir contracté le Coronavirus, appelez un médecin !*

Je vous rassure, je vais bien… Ou du moins je crois. J’espère que la pareille est pour vos proches et vous-mêmes.

Nous sommes aujourd’hui le dimanche 10 mai 2020 et demain, le Déconfinement s’enclenchera petit à petit. Voilà pourquoi il est grand temps de se remettre à écrire ! Vous vous posez sûrement, en ce moment-même, deux questions importantes :

  1. Quel est le lien entre la situation du pays et la reprise de l’écriture ?
  2. Pourquoi avoir attendu jusqu’au moment où les obligations s’apprêtent à revenir à l’assaut, plutôt que d’avoir profité du temps libre offert par la situation inédite ?

Ce sont de très bonnes interrogations. Mais il est malheureusement temps de passer à la suite, je ne pourrai donc pas y répondre ! Oups…

Aujourd’hui, nous allons parler livres ! *Waouh, quelle surprise…* Ayant il y a quelques jours succombé à mes démons, je suis allée commander des nouveaux romans dans une librairie située à moins de 1km de ma maison.

Et, afin de rentrer directement dans le vif du sujet, voici :

La liste se compose donc de quatre nouveaux petits habitants, tous prêts à intégrer ma bibliothèque.

ND : Je tiens à préciser que les résumés qui vont suivre sont tirés de la quatrième de couverture des ouvrages. Ils ne sont pas sortis de ma propre imagination.

  • Le Bûcher de Perumal Murugan aux Éditions Stéphane Marsan :

« Je ne sais pas de quelle caste tu es, mais fais bien attention avec ces gens. Tu ne peux pas compter sur ton mari pour te protéger. Ils attendront qu’il s’absente et, à la première occasion, ils en profiteront pour te chasser. Ils sont capables de tout. »

Après la mort de son père, Kumaresan quitte son village natal et se rend à la ville pour y trouver du travail. À l’usine, il met du soda en bouteille avant d’aller le livrer à vélo aux échoppes qui en font commerce. C’est là qu’il fait la rencontre de Saroja, et tout à coup, c’est l’amour fou. Mais c’est aussi un amour interdit : la jeune fille n’est pas issue de la même caste que lui. Avec la fougue de la jeunesse, ils se marient clandestinement dans un temple peu regardant sur l’origine des époux, avant de regagner ensemble le village de Kumaresan. Persuadé qu’il finira par faire accepter sa femme par les siens, le jeune homme ne se rend pas compte que, dans ce petit village isolé du Tamil Nadu où les traditions pèsent comme une cape de plomb, le piège se referme sur eux, jour après jour.

  • L’épidémie de Åsa Ericsdotter aux Éditions ACTES SUD :

Le charismatique Premier ministre Johan Svärd n’a qu’un seul objectif en tête : faire de la Suède le pays le plus sain d’Europe. Et le plus mince. Sa promesse de campagne repose sur une idée précise. Il veut éradiquer l’obésité, considérée comme une maladie et une menace pour l’économie.

Les églises se transforment peu à peu en centres de sport, les régimes extrêmes et les opérations chirurgicales se multiplient, et tous ceux dont l’indice de masse corporelle dépasse un certain seuil sont licenciés et expulsés de leur logement. Mais, à l’approche des nouvelles élections, le chef du gouvernement perd patience. Les « porcs » comme il les surnomme, restent encore trop nombreux et continuent de mettre en péril l’avenir de la nation. S’inspirant des pages les plus sombres de notre histoire, il décide alors de passer à la vitesse supérieure et de mettre son plan à exécution…

Landon Thomson-Jaeger, un jeune chercheur, comprend très vite le danger qui menace la population, mais lorsque sa voisine, Helena, disparait subitement, il découvre que la situation est bien pire que ce qu’il pouvait imaginer.

  • Comment tout a commencé de Pete Fromm aux Éditions Gallmeister :

Dans une petite ville du Texas perdue en plein désert, Austin, quinze ans, et sa grande sœur Abilene s’entraînent au base-ball jusqu’à l’épuisement. Abilene n’a pas pu devenir joueuse professionnelle, c’est donc à Austin de s’imposer comme le meilleur lanceur de tous les temps. Emporté par l’irrésistible exubérance de sa sœur, aveuglé par son admiration, Austin refuse de voir que quelque chose ne tourne pas rond. Pourtant, les sautes d’humeur, les lubies et les disparitions soudaines d’Abilene fissurent insidieusement leur précieuse complicité et mettent peu à peu en danger l’équilibre de toute la famille.

  • Le jardin de verre de Tatiana Ţîbuleac aux Éditions des Syrtes :

Chișinău, en Moldavie. La petite Lastotchka est adoptée dans un orphelinat par Tamara Pavlovna, ramasseuse de bouteilles. Lastotchka va à l’école, apprend le russe alors qu’elle préfère sa langue, le moldave, et elle se fait punir par sa mère adotpive lorsqu’elle écorche les mots russes. Elle apprend à laver des bouteilles mais aussi à voler ou à repousser les sollicitations des hommes trop insistants…

Les habitants de son immeuble deviennent sa nouvelle famille et lui donnent un peu de leur humanité. Mais les blessures ne s’effacent pas et les questions hantent.

Voilà ! Vous êtes maintenant au courant des toutes les nouveautés de ma PAL. Laquelle vous tente le plus ? Y en a-t-il certaines que vous avez déjà lues et, si oui, qu’en avez-vous pensées ?

Dites-moi tout en commentaires et surtout donnez-moi votre avis sur ce format d’article un peu différent de d’habitude. J’ai fait quelque chose de moins recherché, mais de tout aussi plaisant (je l’espère) ; ) !

À bientôt !

PS : Pour les courageux qui sont restés jusqu’à la fin, voici en prime un cliché de mon chat en pleines réflexions littéraires :

L’Outsider de Stephen King

De quoi ça parle ?

Perdue au fin fond des États-Unis, une petite ville paisible et sans remous bascule de façon inattendue dans un cauchemar sanglant.

Flint City n’attire que très rarement les médias, et peu nombreuses sont les histoires à sensations qui s’y déroulent.

Ainsi, en ce mois de juin, les ultimes assauts de la chaleur écrasante rendent les passants somnolents sous la lumière déclinante du soir. C’est alors qu’un appel à témoins parvient sur le répondeur du poste de police. L’homme au bout du fil, paniqué, a entrevu dans les sous-bois le cadavre d’un petit garçon.

Les forces de l’ordre se rendent immédiatement sur place et constatent une scène surréaliste et glaçante. Un enfant d’une dizaine d’années est étendu sous les bosquets du parc public, mort. Sa tête a été arrachée à coups de dents et une branche a été utilisée pour le violer.

Les inspecteurs sont horrifiés par la violence du meurtre et le détective en charge de l’affaire, Ralph Anderson, se jure de retrouver le coupable.

Commence alors une longue et fastidieuse enquête riche en rebondissements. Les pistes sont trompeuses et la vérité n’est peut-être pas aussi ancrée dans le réel qu’il y paraît. En effet, les premiers résultats scientifiques s’avèrent troublants : les empreintes et l’ADN coïncident avec celles de Terry Maitland, un homme renommé et apprécié de tous. De plus, une foule de témoins l’a aperçu enlevant la victime puis ressortant des arbres, couvert de sang. Excellent coach, père aimant et mari attentionné, le profil n’est pas adéquat mais les preuves sont là et ne peuvent pas mentir, n’est-ce pas ?

C’est en tout cas ce dont Anderson tente de se convaincre car, au fond de lui, il sent et sait que cette enquête ne peut être expédiée aussi rapidement. Mais la pression est forte d’arrêter le criminel et rien n’est là pour contredire la culpabilité de Maitland. L’arrestation se déroule au milieu d’un stade plein, sous les yeux de la femme et des filles de Terry. Le suspect est conduit au poste de police et son interrogatoire débute rapidement.

Néanmoins, les choses commencent à se gâter. Le jour du meurtre, ce coach a été filmé dans la ville d’à côté, lors d’une réunion à laquelle il assistait. Ses empreintes sont sur les lieux et de nombreux témoins rapportent sa présence à l’évènement.

Retour à la case départ, si je puis dire, et incompréhension totale. Comment un homme peut-il se trouver à deux endroits différents au même moment ? La réponse est relativement claire : c’est impossible. Mais, plus les contradictions s’accumulent, plus le rôle du surnaturel s’impose dans le mystère.

Tandis que policiers sont forcés de se rendre à l’évidence, la très chère Holly Gibney (précédemment apparue dans la trilogie Mr Mercedes) sera d’un grand secours au détective Anderson, en lui démontrant que l’impossible est parfois la solution la plus envisageable…

Mon avis :

Stephen King est un auteur très talentueux : nombreux sont ceux qui en conviennent.

Sa plume néanmoins convient mieux aux histoires courtes. Telle est ma conviction.

Je pourrais invoquer Sleeping Beauties,qui ne m’a inspiré qu’un enthousiasme modéré ; ou au contraire Gwendy et la boîte à boutons qui demeure jusqu’à présent pour moi sa meilleure nouvelle.

J’ai donc abordé The Outsider (ou plus simplement L’Outsider en français), pavé de 475 pages, avec un œil sceptique (en dépit d’une certaine avidité et d’attentes toutefois élevées : Stephen King reste Stephen King tout de même). Précisons également que certains avis de proches alimentaient aussi bien mes espérances que mes craintes.

Maintenant que j’ai achevé l’ouvrage, je peux déclarer que j’ai été TRÈS agréablement surprise. Mais faisons les choses dans l’ordre et donnons une structure à cette critique.

  • Plan du roman :

L’histoire commence de façon dynamique et l’incipit est intéressant. L’intrigue, cependant, accroche difficilement, notamment dans les passages consacrés à l’interrogatoire de Terry Maitland qui ralentit tout à coup l’évolution du récit et ennuie un peu le lecteur. Toutefois, il faut bien accorder à l’auteur le mérite d’une entrée en matière relativement magistrale. Bien que peu attrayante aux premiers abords, elle s’assure de faire revenir le lecteur qui souhaite connaître la fin.

D’autant qu’une fois ce cap passé, les péripéties s’enchaînent et le récit gagne en intensité avec une action qui se déroule à un rythme rapide et plein de rebondissements.

Pour terminer, la résolution, qui promettait d’être grandiose, retombe un peu à plat. Certes, elle est très bien menée et construite selon un timing presque parfait, mais (ATTENTION : SPOIL), le lecteur qui depuis le départ se voit promettre une explication rationnelle, est soudain confronté à un dénouement fantastique. En d’autres circonstances, peut-être serait-il acceptable. Ici cependant, l’effet est passablement rebutant car le basculement s’apparente à une facilité.

Figurez-vous que l’on vous demande toute la journée : « À ton avis comment est-ce possible ? Rien ne semble envisageable, n’est-ce pas ? »

Vous répondez qu’en effet, c’est très intriguant et que vous avez hâte d’avoir des explications.

Alors patiemment, vous attendez, mais au moment où vos mains impatientes s’apprêtent à saisir le Saint Graal de l’explication, on vous informe qu’en vérité, si tout semblait impossible, c’est que c’était impossible.

Vous serez un peu déçu.

Enfin, passons outre et gardons un point de vue ouvert et objectif.

  • Les personnages :

Une très grande part du succès de Stephen King est due, à mon humble avis, à son talent descriptif. La vision du monde telle qu’il la transmet à travers ses écrits est vivante, littéralement.

Les personnages sont tantôt attachants, écœurants ou rebutants au gré de la plume de l’auteur qui saisit de manière stupéfiante l’Américain moyen en surpoids et obsédé par les armes à feu. Il ne craint en aucune façon de critiquer son pays et le dépeint de manière crue dans toute sa bassesse et son absurdité.

Nous découvrons également l’anti-portrait de l’inspecteur de police qui n’est ni beau, ni fort, ni alcoolique, ni surtout doté d’une clairvoyance à toute épreuve. Citoyen lambda, le détective Anderson possède quelques kilos en trop et commet de nombreuses erreurs.

  • Thème important :

Bien que l’enquête se porte vers une voie surnaturelle, les forces de l’ordre en charge de l’affaire peinent à croire en une théorie fantastique.

Stephen King aborde de façon détournée l’impossibilité humaine à considérer ce qui n’est pas « possible ». Les preuves ont beau être sous notre nez, les témoins et les documents peuvent continuer à s’accumuler que nous nous acharnerions toujours à nier l’évidence.

  • Détails supplémentaires :

… quelques aspects secondaires du roman, qui s’adressent principalement (je l’avoue) aux lecteurs ayant déjà lus d’autres ouvrages du même auteur.

On retrouve dans The Outsider un schéma répétitif cher au King dans ses histoires. Celles-ci mettent en scène des péripéties qui prennent place au sein d’une petite ville quelconque des États-Unis.

Enfin, je ne peux m’empêcher d’apprécier le clin d’œil dans le personnage de Holly Gibney qui réconforte les nostalgiques des aventures de Bill Hodges.

« Falalalala » d’Emile Chazerand

De quoi ça parle ?

Près de Strasbourg, dans un village à l’écart, une petite famille pittoresque s’épanouit loin de la société et des méthodes modernes. Cette tribu en Alsace, tout le monde la connaît : ce sont les Tannenbaum. Ensemble, ils constituent la plus grande attraction de la région après la cathédrale de Strasbourg.

Comment les décrire ? Pour tout vous dire, ce n’est pas simple, car cette famille hétéroclite est tout sauf conventionnelle.

Pour commencer, une mise en contexte s’impose : depuis trois générations chez les Tannenbaum, on est tous achondroplases et toutes filles. Achondro quoi ? Autrement dit, nos protagonistes sont atteints de nanisme.

Seulement, voilà que se présente le premier pépin : Richard, le petit fils de la matriarche de la tribu, Bettina, n’est ni de sexe féminin, ni petit. Il est même grand, très grand. Comment cela est-il possible ? Bonne question…

Maintenant, passons à la raison de cette popularité qui attire chaque année, et plus particulièrement pendant la période de Noël, des foules de touristes curieux et inquisiteurs, qui viennent s’agglutiner aux abords de la petite maison, telles des hordes d’abeilles vrombissantes autour d’un pot de miel.

Cela remonte à quelques branches de l’arbre généalogique, lorsque dans une famille alsacienne, naît un garçon nain. Son père est embêté, il ne sait trop que faire de son petit homme, maintenant d’âge mûr. C’est alors qu’il prend la décision de l’envoyer suffisamment loin, afin de le marier avec une autre femme atteinte de la même condition physique.

Délaissé, le jeune couple décide alors, à l’instigation du petit homme, de construire une maison rien que pour eux. Une résidence où tout est adapté à la taille des nains. Puis, ils poussent leur utopie encore plus loin et décide de monter une entreprise de spécialités alsaciennes et de créer un univers entièrement miniature, composé de petits animaux et de tout ce qui va avec. Ainsi, ils souhaitent attirer les grands dans le territoire de petits, imposer leurs méthodes, pour que les grands en viennent à se sentir mal à l’aise.

C’est ainsi qu’est née l’entreprise des Tannenbaum.

Maintenant, le petit homme et sa femme sont morts, léguant le business à leurs filles Bettina et Fritzi. Depuis ont vu le jour, les filles de Bettina : Katinka et Zella, qui ont elles-mêmes mis au monde leurs enfants respectifs : Richard, Leni, Ludovika et Herta.

L’entreprise est maintenant bien prospère, le public accourt ! Tous veulent goûter leurs fameux Bredeles et voir les animaux miniatures. 

Mais la famille est confrontée à certains problèmes…

Le roman suit les bonheurs, les coups de gueules et les galères d’une famille cocasse et hors du commun.

Tout cela dans la joie et la bonne humeur évidemment. Et sans oublier un soupçon de Falalalala…

Mon avis :

En un mot, ce livre est… génial ! Je pourrais le qualifier de véritable remède contre le cafard. Il se lit très rapidement et le style est fluide. Je ne me suis pas ennuyée et j’avais même hâte de retourner à ma lecture dès que je le pouvais.

Souvent, je trouve que les quatrièmes de couverture sont erronées, incomplètes, peu fidèles ou au contraire trop bavardes. Celle de Falalalala nous garantissait des torrents de fous rires et de larmes.

Pour le coup, je suis bien obligée d’admettre qu’elle ne mentait pas. Je me suis mise à rire toute seule ou à déprimer au gré des pages. Il m’est bien arrivé une fois ou deux, d’éclater d’un rire sonore au beau milieu d’un café ou dans le salon familial. Pourtant, cela m’arrive très rarement. En général, je forge mon avis après coup, après avoir ressassé et songé à la signification ou à l’interprétation de l’histoire. Ici, le sentiment est d’autant plus vivace qu’il me parvenait au fil de la plume de l’auteure.

Quant à la fin, qui est assez triste, elle nous réserve une dernière surprise, un ultime retournement de situation.

Les personnages, eux, sont délicieux, charmants, chacun doté d’un caractère bien marqué. On s’y attache très rapidement.

Maintenant j’en viens au point qui m’a le plus marqué dans ce récit. Au fond, l’intrigue du roman est à proprement parler inexistante : cet ouvrage n’est pas remarquable par l’action qui s’y déroule mais grâce à la description de cette famille de nains accompagnée d’un seul garçon de grande taille. Le portait de cette tribu est si vivant, si coloré et burlesque qu’il suffit à faire vivre ce récit.

Petit bémol : le style de l’auteure est VRAIMENT TRÈS cru. Tous les sujets y sont abordés, à commencer par le sexe. Ceci pourrait donc déstabiliser certains jeunes lecteurs.

Mais Falalalala, qui est sûrement l’un des livres les plus drôles que j’aie jamais lu, m’a parfois fait rire aux larmes.

« Élévation » de Stephen King

De quoi ça parle ?

Scott est un quinquagénaire américain presque obèse.

Néanmoins, depuis quelque temps, peu importe la quantité de nourriture qu’il ingurgite, il perd du poids ; BEAUCOUP de poids. Mais chose plus extraordinaire encore, sa masse corporelle, elle, ne change pas. Ainsi, même si Scott pèse désormais 20kg de moins par rapport à sa situation initiale, il apparaît toujours le même.

Inquiet, il se rend donc chez son ancien ami médecin, prénommé Bob Ellis. Mais ce dernier n’est pas plus avancé que lui sur la situation. Il n’a jamais rien vu de semblable et cela le préoccupe d’autant plus.

Scott continue cependant sa vie, avec son travail, son chat… Et ses voisins. Ou plutôt ses voisines. Car depuis peu, deux nouvelles jeunes femmes ont emménagé ensemble dans le quartier. Mais, leurs relations avec le protagoniste ne peuvent vraiment pas être qualifiées de cordiales. Pourquoi ? Tout simplement parce que, depuis quelque temps, les deux chiens de celles-ci ont décidé de considérer la pelouse de Scott comme leur litière personnelle.

Bien vite, néanmoins, il va s’apercevoir que dans la ville non plus, ses deux voisines ne sont pas très appréciées. En réalité, elles sont victimes de discrimination à cause de leur orientation sexuelle : lesbienne.

Il se rend alors compte que ce qu’il fait, lui, contribue d’une certaine manière à ces injustices. Le restaurant que les deux femmes ont ouvert ne reçoit aucun client et celui-ci est presque au bord de la faillite.

Le quinquagénaire prend soudain pitié d’elles et tente de renouer les liens. Mais son état de santé rend la situation préoccupante : tandis que la balance engage contre lui un inquiétant compte à rebours, Scott commence à se poser des questions : que va-t-il se passer quand elle affichera le kilogramme 0 ?

Va-t-il mourir ?

Mon avis :

Le livre partait sur de très bonnes bases, avec une excellente idée de départ qui était de surcroît originale. Je ne pense en effet pas avoir déjà vu un tel thème autre part. La fin est assez belle et prête à la rêverie. Les descriptions y sont poétiques mais… je n’ai pas aimé ce roman.

Tout ce qu’il se passait au milieu du livre était décevant. Je pense que j’ai été en grande partie désappointée à cause du dernier ouvrage que j’avais lu de Stephen King, Gwendy et la boîte à boutons,que j’ai adoré et dévoré !

A l’évidence, j’en attendais tout autant d’Élévation. Malheureusement, j’en ai trop espéré.

Pour commencer, la relation entre Scott et ses voisines était extrêmement niaise et kitsch.

Elle se résumait à : Il était une fois des voisins qui ne s’aimaient pas du tout. Puis un jour, ils découvrirent qu’ils s’adoraient. Ils devinrent alors inséparables, les meilleurs amis du monde, des BFF etc.

Premièrement, quels sont les pourcentages de chances pour que cela se produise dans la vrai vie ? Et deuxièmement, il n’y a pas plus cucul la praline.

Une seconde raison pour ma déception concerne la fameuse « maladie » de Scott. Elle était très ingénieuse et aurait pu donner quelque chose de profond. Mais avec toute cette histoire d’amitié, j’ai eu le sentiment que la « maladie » n’occupait plus la première place dans le récit. Pourtant, celui-ci s’intitule Élévation. J’avais donc supposé que tout tournerait autour de sa maladie et du nombre de jour qui lui resterait avant la date du « 0 ». Mais non ! Comme si ces préoccupations avaient été reléguées à la seconde place ou que l’auteur les avait oubliées en cours de route. On y revenait de temps en temps, mais bon…

Donc en fin de compte, comparé à Gwendy et la boîte à boutons,j’ai effectivement été très déçue.

Cependant, en soi, le roman est assez court et les pensées et sentiments de Scott vis à vis de sa « maladie » (lorsqu’on y revient enfin) sont très intéressants.

Ainsi, si vous souhaitez tout de même découvrir ce livre, sachez qu’il se lit très rapidement et que s’il ne vous plaît pas, vous pourrez le finir rapidement et passer à autre chose.

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