L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux

Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Je tiens à m’excuser sincèrement pour l’absence de la semaine passée mais pour une fois j’ai une bonne excuse ! J’ai repris le chemin de l’école… Enfin bref, sans plus attendre, voici l’analyse du jour (en retard).

De quoi ça parle ?

Nine est furieuse. La grande fête du lycée doit se dérouler ce vendredi soir, pourtant rien ne se passe comme prévu. Titania, sa génitrice, l’a fait monter dans la voiture familiale et les voilà toutes les deux embarquées vers une destination inconnue. Torture et maltraitance ! L’adolescente crie au scandale. Mais sa mère fait la sourde oreille et le véhicule sort lentement des routes encombrées de la ville, s’engageant vers le lointain.

La nuit est tombée maintenant et Titania n’a livré aucune explication. Nine s’impatiente et commence à se poser des questions. Finalement, le voyage se termine inopinément lorsque, sous les yeux de la jeune fille de dix-sept ans, s’étale un grand lac enveloppé de la nuit épaisse. Au bord, une cabane marquée par le temps et l’humidité.

Sa mère la fait entrer, allume les braises dans le foyer et commence tranquillement à préparer le repas. Enfin, quand chacune est attablée, Titania prend la parole. La femme le sait, ses mots ne pourront se tarir qu’au lever du jour. Beaucoup d’explications doivent être données et une génération entière de l’arbre généalogique se trouve sur le point d’être dévoilée. Les non-dits ont assez duré, il lui faut parler à sa fille de sa famille, de son passé. Quand l’aube paraîtra, les secrets auront été révélés. Pour le meilleur ou pour le pire ? Cela, personne ne le sait…

Mon avis :

L’aube sera grandiose est un roman qui a rencontré un succès assez important au moment de sa sortie en librairie. Je le trouvais partout alors : sur les réseaux sociaux et même dans les bibliothèques de mes amies. Comme pour Boo de Neil Smith, je n’en rencontrais qu’éloges et recommandations. Mes attentes étaient donc élevées.

  • La structure :

La construction du récit est l’un des premiers éléments qui m’a marqué. Au fil des chapitres, le point de vue alterne entre le présent et le passé.

Dans le premier cas, nous sommes en compagnie de Nine et de sa mère, pendant que les deux jeunes femmes déterrent de vieux secrets enfouis.

Dans le deuxième cas, nous assistons justement à la résurrection de ce passé, au travers de l’enfance de Titania et de ses « lourds antécédents familiaux ».

Au premier abord, cette structure m’a paru très attirante. Je suis, je l’avoue, une grande fan de ce type de roman. Cependant, je ressors de cette expérience avec le goût amer de la déception…

Commençons par les points positifs toutefois :

  • Les qualités :

Les chapitres se déroulant dans le passé ont été, je trouve, une grande (voire la seule) réussite. Les moments insignifiants de l’enfance sont superbement dépeints et les personnages sont incroyablement touchants, attendrissants et vivants !

En somme, seuls les épisodes banals et communs du récit ont réussi à lui conserver un semblant de dignité. Un comble !

Par ailleurs, sur un aspect totalement différent, un léger bonus peut être accordé à la couverture de l’ouvrage, qui est, je dois dire, très esthétique.

Malheureusement, bien vite, les choses se gâtent…

  • Les défauts (et il y en a beaucoup…) :

Lorsque les soi-disant « révélations » viennent percer le tissu innocent de l’enfance de Titania, les affaires tournent rapidement au vinaigre. Les fameux plot-twist sont tirés par les cheveux et les évènements n’ont aucun lien les uns entre les autres.

Plusieurs fois, confrontée à la décision de l’un des personnages, je me suis questionnée sur ses motivations. Jamais je n’ai trouvé de réponses plausibles et acceptables : les actions de la trame n’ont pas de sens.

Les chapitres du présent sont improbables et niais ; les réactions mère-fille inappropriées et les moments de complicité mal racontés, ridicules. (Combien de fois me suis-je surprise à lever les yeux au ciel ?)

Enfin, le dénouement n’en est pas un, à tel point que j’ai dû rester plusieurs secondes, assise, à me questionner sur son sens et l’interprétation qui devait en être tirée. Encore une fois en vain.

  • Revue globale :

Beaucoup défendront probablement à corps et à cris ce roman, lui trouvant toute sorte de justifications et d’excuses. Mais pour moi, il n’a aucune consistance.

Les seuls passages agréables à mes yeux sont ceux de l’enfance, des souvenirs. Cependant, il semblerait qu’eux non plus ne servent à rien. Vers la deuxième moitié du roman, ils sont rapidement relégués au fond de la cour par l’auteur.

C’est à ce moment-là que se pose la question suivante : à quoi cela sert-il de raconter et de mettre en place un tel décor qui au final sera jeté à la poubelle ? Pourquoi placer le lecteur dans une atmosphère particulière avant de lui faire comprendre qu’en réalité, seules les soi-disant « explications » sont importantes (d’autant plus que celles-ci sont très peu révélatrices de quoi que ce soit) ?

Cet ouvrage tenait une bonne matière et un potentiel intéressant qui ont été gâchés. Je ne relirai plus de livre de l’auteur.

  • Petit point important concernant ce livre :

Avant de conclure cette critique, j’en profite pour apporter quelques brèves précisions sur la branche de littérature à laquelle appartient ce livre et qui de nos jours remporte de plus en plus de succès : la littérature « Young Adult ». Beaucoup d’adolescents de mon âge écument les titres de ce genre et ne jurent que par eux ! Pour moi cependant, ça ne marche pas.

Comme démontré ici avec L’aube sera grandiose, mais ce livre n’est pas isolé, les intrigues sont trop simples, trop enfantines. Les histoires sont grosso modo toujours les mêmes : de pauvres petits adolescents incompris ont de gros problèmes. Pourtant, ils sont les plus gentils, adorables et parfaits du monde (bien qu’ils le cachent parfois sous des airs sombres). Alors, vite vite, ils vont sauver le monde entier !

Enfin bref, la littérature adolescente, ce n’est pas ma tasse de thé et j’essaie en ce moment même de vider ma bibliothèque des derniers ouvrages de l’enfance/Young Adult. Je souhaite découvrir de nouvelles choses et ouvrir mes horizons comme on dit (non je ne suis pas folle).

Pourquoi, attendre pour découvrir la littérature « adulte » ? Est-ce vraiment nécessaire de patienter dans une autre catégorie apparemment « plus appropriée » à mon âge ?

Voilà ! C’est tout pour mon petit coup de gueule de la semaine. Bien évidemment, tout le monde est libre de lire ce qu’il veut, etc. etc. Du moment que l’on s’adonne à la lecture, n’est-ce pas l’essentiel ? Ces expressions métaphysico-niaises sont le signe que je dois m’arrêter d’écrire. Sur ce, à la semaine prochaine : ).

Et la lune, là-haut de Muriel Zürcher

Hey les amis ! J’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle critique. Sans plus attendre, la voici :

De quoi ça parle ?

Alistair n’a qu’un rêve : partir sur la Lune. Mais à vingt et un ans bien comptés, il n’est jamais sorti de son petit appartement. Depuis sa naissance, sa mère l’y enferme et lui refuse la moindre interaction avec l’extérieur.

Le jeune adulte ne s’en trouve pas pour autant démuni. Géni des maths, il a appris tout seul un tas de matières complexes, telles que la planétologie ou la science des matériaux.

Néanmoins, il y a une chose qu’il n’a jamais totalement réussi à maîtriser depuis l’écran de son ordinateur : la vie sociale. Prisonnier de sa propre génitrice, il n’a pas connu ce qui semble anodin au commun des mortels : courir, interagir, discuter, voyager, faire ses courses…

Alors, lorsqu’il se réveille un matin pour découvrir le corps sans vie de son bourreau étendu dans le salon, il va bien vite se rendre compte d’une chose : la réalité n’attend jamais pour nous rattraper. Bientôt, le grand monde sauvage et inconnu forcera les portes de sa cellule douillette…

Yaro, à peine dix-huit ans et complètement livré à lui-même, ne peut compter sur personne. Sans-papier, il erre dans les rues de la ville, à la recherche de LA bonne affaire.

C’est ainsi qu’en apercevant un grand gars déboussolé sortir de son immeuble, il pense avoir touché le gros lot. Mais comme le dit le dicton, les apparences sont trompeuses et l’occasion idéale tourne bien vite au vinaigre. Dès que Yaro établit le contact avec Alistair, il s’engage dans un nid d’embrouilles dont il ne pourra se dépêtrer.

Envers et contre tout, l’adolescent et le grand échalas rêveur s’unissent et s’engagent dans une aventure périlleuse contre la société et les barrières imposées. À deux ne peut-on pas tout conquérir ? Des papiers par exemple, ou encore la Lune !

Mais les épreuves ne sont pas toujours simples pour deux hommes toujours enfants, surtout aux yeux de la grande matrice : l’opinion publique.

Mon avis :

  • Les personnages :

Ils sont attachants.

Je pèse mes mots, rendez-vous compte. Alistair, jeune adulte vif mais spécial, aimante le lecteur et attise sa sympathie. Comme le dit son compagnon de voyage : Alistair

« est le gars le plus asocial qu’[il] connaisse, il passe son trajet à éviter le moindre contact physique avec sa sublime voisine, il reste plongé dans son livre, et malgré ça, il réussit à créer un lien entre tous les gens du wagon. […] [Si Yaro] avait la moitié de la capacité d’Alistair à embobiner les autres, il aurait déjà été régularisé. »

Dans la dernière analyse littéraire en date sur ce blog (Boo de Neil Smith), le protagoniste, Oliver, possédait un caractère trait pour trait identique à celui de ce jeune homme lunatique de vingt et un ans. Toutefois, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire, ce personnage m’avait paru trop peu réaliste, enfantin à mon goût. Malgré les efforts visibles de l’auteur, je ne suis pas parvenue à éprouver de la sympathie pour lui. Il arrive assez fréquemment que l’écrivain n’arrive pas à coller à son personnage : sa mentalité, son âge. En voulant créer un être marginal ou plus clairvoyant que les autres, on aboutit trop souvent à un côté « surfait ».

Ici, bien au contraire, Alistair a souvent provoqué de grands éclats de rires chez moi. Son attitude décalée, toujours un train de retard derrière les autres, mais néanmoins beaucoup plus en avance qu’il n’y paraît, n’a pas manqué d’attirer mon attention. Bien que les émotions de celui-ci puissent apparaître pour certains encore plus puériles que celles d’Oliver, il possède une aura, un petit quelque chose de plus qui ne manque jamais d’enthousiasmer le lecteur. Tout compte fait, la description de Yaro citée plus haut se révèle d’une vérité pure et dure !

Quant aux autres protagonistes de ce roman, Yaro, Sidonie, ils sont également dignes d’attention. Pétillants et sarcastiques, dérangés et spontanés… Tous contribuent à cet incroyable mélange frais et revigorant.

  • La trame :

Le fil conducteur de cet ouvrage est… intéressant. Plaisant et simple, il n’est pas difficile à suivre et ne requiert pas une grande attention du lecteur. Toutefois, il ne possède pas le petit plus qui peut rendre un roman « marquant ».

Une fois après avoir tourné la dernière page du roman, ma première pensée a été :

« C’est une agréable lecture que voilà ! »

Toutefois maintenant, quelque temps plus tard, la trame a déjà commencé à s’effacer de ma mémoire. Ceci ne peut signifier qu’une chose : ce n’est pas un livre à l’empreinte durable.

  • En conclusion…

Et la lune, là-haut me laisse mitigée. M’inspirant à la fois beaucoup et peu. Il est parfois des romans qui offrent matière à réflexion et, au bout du compte, n’apportent pas grand-chose.

Outre les personnages attachants et sympathiques, le style est fluide, agréable et possède une certaine originalité. En somme les ingrédients sont réunis pour créer un très bon ouvrage et pourtant, faute de véritable armature, l’impression laissée par sa lecture se dissout presque entièrement au fil du temps !

Mais bon… Au fond, le mieux serait que vous testiez, vous aussi, et que vous m’en fassiez des retours ! ; )

  • Un avant-goût pour les intéressés :

Il est toujours bon de partir avec une atmosphère en tête. En trois citations, Et la lune, là-haut peut se résumer ainsi :

  1. « Le lendemain, elle attache les menottes autour des chevilles de son fils. La chaîne qui les relie fait une quarantaine de centimètres, de quoi se déplacer à très petits pas dans l’appartement. Il lui faut moins de quatre heures pour réussir à débloquer le mécanisme et se libérer. Les chaînes sont aussi dans sa tête, il ne sortira plus de l’appartement. »
  2. «  Je fais des photos des rails, sous le train. Ils brillent et il y avait un oiseau. Tu crois qu’il existe un nettoyeur de rails ? Il y a peut-être des souris aussi. Ou des rats, comme Rémi dans Ratatouille.

Yaro accélère le pas. Qu’est-ce qu’il lui a pris de venir à Paris avec lui ? Pour rester discret, il y a mieux !

  – C’est bon ? T’as fini ton reportage animalier, on peut aller à l’Observatoire ? »

3. « Ben non ça va pas. Je me doute bien qu’y a un endroit où ma vie a buggé vu que je suis avec des gens qui parlent de dessécher de la pisse… mais où est-ce que ça a bien pu dérailler ? Là, je ne vois pas. Alistair, au moins, il a une excuse pour être aussi barré. Mais toi, tu devrais être en train de l’engueuler et de l’obliger à régler le problème de sa mère plutôt que de le faire participer à des concours de pisse.

Les concours de pisse sont des concours comme les autres, répond Sidonie. Je ne vois pas en quoi ça te choque. »

Boo de Neil Smith

Bonjour à tous ! Avant de commencer, je tiens tout d’abord à m’excuser pour mon absence de la semaine dernière. En cette première phase de déconfinement, les retrouvailles et les obligations ont repris le dessus et oblitéré momentanément l’écriture… Je vous rassure toutefois, je n’ai pas de nouveau disparu. Vous allez devoir me supporter pendant encore un moment, mais enfin BREF. Voici l’analyse du jour. Enjoy !

De quoi ça parle ?

Un beau matin de septembre, Oliver Dalrymple se tient devant son casier. Le jeune adolescent, paria de son collège et surnommé « Boo » par ses charmants camarades de classe du fait de sa pâleur spectrale, est en train de réciter les cent six éléments du tableau périodique.

Nous sommes le 7 septembre 1979, à peine une semaine après le retour des vacances. Le garçon se concentre, récite et parvient pour la toute première fois jusqu’au dernier élément chimique. Il n’en revient tellement pas… qu’il tombe raide mort.

L’instant d’après, Oliver se retrouve dans un lit, entièrement nu. À côté de lui, une jeune fille d’à peu près son âge est en train de ronfler paisiblement. Il comprend alors aussitôt que toute cette situation ne peut signifier qu’une chose : il a passé l’arme à gauche. Cette vérité lui vient tout naturellement lorsqu’il s’aperçoit que ces indispensables lunettes n’occupent plus leur place habituelle au-dessus de son nez. Pourtant, sa vue est irréprochable.

Réveillant la « maîtresse des lieux », il apprend qu’elle se prénomme Thelma. Il se trouve désormais au « Village », un endroit spécialement réservé aux trépassés américains de treize ans.

Cet endroit singulier pourrait être qualifié de banal si ce n’était la raison qui y a conduit tous ces jeunes filles et garçons. Le « Village » se compose de quatre grands murs de béton infranchissables à l’intérieur desquels s’organise une société entièrement dirigée par des enfants. Divisée en quinze secteurs, on y trouve ni lacs, ni forêts, ni montagnes, seulement de hauts immeubles de briques rouges. Pas plus d’animaux ou de voitures d’ailleurs ; les habitants doivent se contenter de vélos pour se déplacer.

Petit à petit néanmoins, Dalrymple s’adapte à ce nouvel environnement où la nourriture apparaît toute seule sur les étagères, où les vitres repoussent après quelques jours seulement et où les blessures se soignent d’elles-mêmes. La plomberie et les aliments n’y sont pas meilleurs qu’ailleurs (on y mange des conserves), les querelles et les règlements de comptes n’ont pas cessé comme par magie mais, au moins, les enfants ne manquent de rien. La plupart considère que Dieu leur fournit tous les équipements nécessaires et que derrière leurs grandes murailles se trouvent peut-être des adultes chinois de trente-huit ans, ou toute autre catégorie d’être humain.

Un soir, alors qu’Oliver est plongé dans un profond sommeil, Thelma débarque dans son dortoir avec un « nouveau-né ». Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il s’aperçoit que la nouvelle recrue ne n’est autre que Johnny, son ancien camarade de classe !

Les nouvelles ne sont néanmoins pas bonnes. Le défunt est perturbé, effrayé. Il finit par avouer à Oliver que sa mort, qu’il croyait due à un arrêt cardiaque, résulte en réalité d’un assassinat perpétré par un nouvel arrivant du collège qui a déclenché une fusillade mortelle avant de se suicider par balle.

Maintenant, Dalrymple ne sait trop que penser. Qui est son tueur ? Quelle est la raison de son crime ? D’autant plus que, s’il a lui aussi mis fin à ses jours, il se trouve très probablement au « Village ».

Il décide alors, avec l’aide de Thelma et de son ancien camarade, de partir à la recherche du coupable.

Mais d’erreurs en déprime, de mensonges en désillusion, Boo va se rendre compte que le criminel n’est peut-être pas celui qu’il croit. Pour cause, en chacun de nous, n’y a-t-il pas une petite part de meurtrier ?

Mon avis :

Ce roman m’a été très fortement recommandé dans un comité de lecture auquel j’appartiens. Mes camarades de lecture ne cessaient d’en vanter les qualités. Alors que pouvais-je faire d’autre que de souhaiter me plonger, moi aussi, dans ce roman ?

  • L’histoire pas à pas :

Je savais qu’il fallait s’attendre à de très grands rebondissements et à des retournements de situation haletants. 

Je dois avouer que le début de l’histoire m’a tout d’abord emballée, je ne pouvais plus lâcher ce livre ! Puis le tempo a ralenti, traîné… J’ai peu à peu perdu le goût de cette trame si prometteuse.

Vers la fin, comme par magie, la plume de l’auteur a repris des couleurs, jusqu’au moment où… J’ai pu anticiper la chute. Tout de suite, drame et déluge, une critique assassine se formait déjà dans mon esprit.          

Quelle ne fut donc pas ma surprise, lectrice naïve que je suis, de découvrir que je m’étais tout simplement laissé berner comme les autres. Le fin mot de l’histoire m’a sauté à la figure et je n’ai rien vu venir ! Un bon point doit donc révérencieusement être accordé à cet ouvrage (même si les futurs lecteurs seront désormais à l’affut des tous les dénouements possibles).

  • Les personnages :

Je ne les ai pas aimés.

Oliver, qui est tout de suite présenté comme particulier, est construit de telle sorte qu’il doit s’attirer la sympathie du lecteur. Toutefois, son personnages est trop surfait, peu plausible.

Quant aux autres, Thelma, Esther et Johnny… Ils sont trop enfantins, si je puis dire. Ils sont tout de même censés avoir treize ans !

  • Ressenti global :

En somme, la trame est bonne, voire superbe ! L’intrigue est farfelue, drôle, remettant chacun d’entre nous en question. Toutefois, les personnages sont peu attachants et l’histoire a un aspect trop puéril : l’auteur n’a pas réussi à bien coller à l’âge de ses protagonistes.

Ce n’est pas un « mauvais » livre, il est même réussi, mais je ne relirai probablement pas d’autres ouvrages de l’auteur.

  • Petit plus non négligeable :

Il serait maintenant impoli de ma part de partir sans vous donner un avant-goût de ce roman. Voici donc un propos d’Oliver lui-même :

« C’est la première fois qu’il rit depuis son passage. Je suis encore plus fier que le jour où j’ai réussi à faire augmenter le pH de mon urine en consommant plus d’agrumes.
En conséquence, je me fends d’un sourire. »

Voilà les amis ! C’est tout pour aujourd’hui. J’ai tenté de donner à cette analyse un aspect plus structuré. De fait, qu’en pensez-vous ?

Je dois maintenant vous informer d’un projet que je vais tenter d’entreprendre au cours des semaines à venir et des vacances qui approchent. Je souhaiterais essayer de diversifier le contenu de ce blog par de nouveaux types d’articles. Vous avez par exemple vu le post de la semaine dernière qui traitait de mes futures lectures.

Bien évidemment, les critiques ne s’arrêteront pas, elles sont au cœur de ce Lire Land. Mais, j’ai plusieurs nouvelles idées en tête que j’ai hâte de mettre en pratique.

Je n’en dis pas plus, mais je suis avide de propositions fraîches, donc dites-moi tout en commentaire.

Sur ce, à dimanche prochain !

L’Outsider de Stephen King

De quoi ça parle ?

Perdue au fin fond des États-Unis, une petite ville paisible et sans remous bascule de façon inattendue dans un cauchemar sanglant.

Flint City n’attire que très rarement les médias, et peu nombreuses sont les histoires à sensations qui s’y déroulent.

Ainsi, en ce mois de juin, les ultimes assauts de la chaleur écrasante rendent les passants somnolents sous la lumière déclinante du soir. C’est alors qu’un appel à témoins parvient sur le répondeur du poste de police. L’homme au bout du fil, paniqué, a entrevu dans les sous-bois le cadavre d’un petit garçon.

Les forces de l’ordre se rendent immédiatement sur place et constatent une scène surréaliste et glaçante. Un enfant d’une dizaine d’années est étendu sous les bosquets du parc public, mort. Sa tête a été arrachée à coups de dents et une branche a été utilisée pour le violer.

Les inspecteurs sont horrifiés par la violence du meurtre et le détective en charge de l’affaire, Ralph Anderson, se jure de retrouver le coupable.

Commence alors une longue et fastidieuse enquête riche en rebondissements. Les pistes sont trompeuses et la vérité n’est peut-être pas aussi ancrée dans le réel qu’il y paraît. En effet, les premiers résultats scientifiques s’avèrent troublants : les empreintes et l’ADN coïncident avec celles de Terry Maitland, un homme renommé et apprécié de tous. De plus, une foule de témoins l’a aperçu enlevant la victime puis ressortant des arbres, couvert de sang. Excellent coach, père aimant et mari attentionné, le profil n’est pas adéquat mais les preuves sont là et ne peuvent pas mentir, n’est-ce pas ?

C’est en tout cas ce dont Anderson tente de se convaincre car, au fond de lui, il sent et sait que cette enquête ne peut être expédiée aussi rapidement. Mais la pression est forte d’arrêter le criminel et rien n’est là pour contredire la culpabilité de Maitland. L’arrestation se déroule au milieu d’un stade plein, sous les yeux de la femme et des filles de Terry. Le suspect est conduit au poste de police et son interrogatoire débute rapidement.

Néanmoins, les choses commencent à se gâter. Le jour du meurtre, ce coach a été filmé dans la ville d’à côté, lors d’une réunion à laquelle il assistait. Ses empreintes sont sur les lieux et de nombreux témoins rapportent sa présence à l’évènement.

Retour à la case départ, si je puis dire, et incompréhension totale. Comment un homme peut-il se trouver à deux endroits différents au même moment ? La réponse est relativement claire : c’est impossible. Mais, plus les contradictions s’accumulent, plus le rôle du surnaturel s’impose dans le mystère.

Tandis que policiers sont forcés de se rendre à l’évidence, la très chère Holly Gibney (précédemment apparue dans la trilogie Mr Mercedes) sera d’un grand secours au détective Anderson, en lui démontrant que l’impossible est parfois la solution la plus envisageable…

Mon avis :

Stephen King est un auteur très talentueux : nombreux sont ceux qui en conviennent.

Sa plume néanmoins convient mieux aux histoires courtes. Telle est ma conviction.

Je pourrais invoquer Sleeping Beauties,qui ne m’a inspiré qu’un enthousiasme modéré ; ou au contraire Gwendy et la boîte à boutons qui demeure jusqu’à présent pour moi sa meilleure nouvelle.

J’ai donc abordé The Outsider (ou plus simplement L’Outsider en français), pavé de 475 pages, avec un œil sceptique (en dépit d’une certaine avidité et d’attentes toutefois élevées : Stephen King reste Stephen King tout de même). Précisons également que certains avis de proches alimentaient aussi bien mes espérances que mes craintes.

Maintenant que j’ai achevé l’ouvrage, je peux déclarer que j’ai été TRÈS agréablement surprise. Mais faisons les choses dans l’ordre et donnons une structure à cette critique.

  • Plan du roman :

L’histoire commence de façon dynamique et l’incipit est intéressant. L’intrigue, cependant, accroche difficilement, notamment dans les passages consacrés à l’interrogatoire de Terry Maitland qui ralentit tout à coup l’évolution du récit et ennuie un peu le lecteur. Toutefois, il faut bien accorder à l’auteur le mérite d’une entrée en matière relativement magistrale. Bien que peu attrayante aux premiers abords, elle s’assure de faire revenir le lecteur qui souhaite connaître la fin.

D’autant qu’une fois ce cap passé, les péripéties s’enchaînent et le récit gagne en intensité avec une action qui se déroule à un rythme rapide et plein de rebondissements.

Pour terminer, la résolution, qui promettait d’être grandiose, retombe un peu à plat. Certes, elle est très bien menée et construite selon un timing presque parfait, mais (ATTENTION : SPOIL), le lecteur qui depuis le départ se voit promettre une explication rationnelle, est soudain confronté à un dénouement fantastique. En d’autres circonstances, peut-être serait-il acceptable. Ici cependant, l’effet est passablement rebutant car le basculement s’apparente à une facilité.

Figurez-vous que l’on vous demande toute la journée : « À ton avis comment est-ce possible ? Rien ne semble envisageable, n’est-ce pas ? »

Vous répondez qu’en effet, c’est très intriguant et que vous avez hâte d’avoir des explications.

Alors patiemment, vous attendez, mais au moment où vos mains impatientes s’apprêtent à saisir le Saint Graal de l’explication, on vous informe qu’en vérité, si tout semblait impossible, c’est que c’était impossible.

Vous serez un peu déçu.

Enfin, passons outre et gardons un point de vue ouvert et objectif.

  • Les personnages :

Une très grande part du succès de Stephen King est due, à mon humble avis, à son talent descriptif. La vision du monde telle qu’il la transmet à travers ses écrits est vivante, littéralement.

Les personnages sont tantôt attachants, écœurants ou rebutants au gré de la plume de l’auteur qui saisit de manière stupéfiante l’Américain moyen en surpoids et obsédé par les armes à feu. Il ne craint en aucune façon de critiquer son pays et le dépeint de manière crue dans toute sa bassesse et son absurdité.

Nous découvrons également l’anti-portrait de l’inspecteur de police qui n’est ni beau, ni fort, ni alcoolique, ni surtout doté d’une clairvoyance à toute épreuve. Citoyen lambda, le détective Anderson possède quelques kilos en trop et commet de nombreuses erreurs.

  • Thème important :

Bien que l’enquête se porte vers une voie surnaturelle, les forces de l’ordre en charge de l’affaire peinent à croire en une théorie fantastique.

Stephen King aborde de façon détournée l’impossibilité humaine à considérer ce qui n’est pas « possible ». Les preuves ont beau être sous notre nez, les témoins et les documents peuvent continuer à s’accumuler que nous nous acharnerions toujours à nier l’évidence.

  • Détails supplémentaires :

… quelques aspects secondaires du roman, qui s’adressent principalement (je l’avoue) aux lecteurs ayant déjà lus d’autres ouvrages du même auteur.

On retrouve dans The Outsider un schéma répétitif cher au King dans ses histoires. Celles-ci mettent en scène des péripéties qui prennent place au sein d’une petite ville quelconque des États-Unis.

Enfin, je ne peux m’empêcher d’apprécier le clin d’œil dans le personnage de Holly Gibney qui réconforte les nostalgiques des aventures de Bill Hodges.

« Falalalala » d’Emile Chazerand

De quoi ça parle ?

Près de Strasbourg, dans un village à l’écart, une petite famille pittoresque s’épanouit loin de la société et des méthodes modernes. Cette tribu en Alsace, tout le monde la connaît : ce sont les Tannenbaum. Ensemble, ils constituent la plus grande attraction de la région après la cathédrale de Strasbourg.

Comment les décrire ? Pour tout vous dire, ce n’est pas simple, car cette famille hétéroclite est tout sauf conventionnelle.

Pour commencer, une mise en contexte s’impose : depuis trois générations chez les Tannenbaum, on est tous achondroplases et toutes filles. Achondro quoi ? Autrement dit, nos protagonistes sont atteints de nanisme.

Seulement, voilà que se présente le premier pépin : Richard, le petit fils de la matriarche de la tribu, Bettina, n’est ni de sexe féminin, ni petit. Il est même grand, très grand. Comment cela est-il possible ? Bonne question…

Maintenant, passons à la raison de cette popularité qui attire chaque année, et plus particulièrement pendant la période de Noël, des foules de touristes curieux et inquisiteurs, qui viennent s’agglutiner aux abords de la petite maison, telles des hordes d’abeilles vrombissantes autour d’un pot de miel.

Cela remonte à quelques branches de l’arbre généalogique, lorsque dans une famille alsacienne, naît un garçon nain. Son père est embêté, il ne sait trop que faire de son petit homme, maintenant d’âge mûr. C’est alors qu’il prend la décision de l’envoyer suffisamment loin, afin de le marier avec une autre femme atteinte de la même condition physique.

Délaissé, le jeune couple décide alors, à l’instigation du petit homme, de construire une maison rien que pour eux. Une résidence où tout est adapté à la taille des nains. Puis, ils poussent leur utopie encore plus loin et décide de monter une entreprise de spécialités alsaciennes et de créer un univers entièrement miniature, composé de petits animaux et de tout ce qui va avec. Ainsi, ils souhaitent attirer les grands dans le territoire de petits, imposer leurs méthodes, pour que les grands en viennent à se sentir mal à l’aise.

C’est ainsi qu’est née l’entreprise des Tannenbaum.

Maintenant, le petit homme et sa femme sont morts, léguant le business à leurs filles Bettina et Fritzi. Depuis ont vu le jour, les filles de Bettina : Katinka et Zella, qui ont elles-mêmes mis au monde leurs enfants respectifs : Richard, Leni, Ludovika et Herta.

L’entreprise est maintenant bien prospère, le public accourt ! Tous veulent goûter leurs fameux Bredeles et voir les animaux miniatures. 

Mais la famille est confrontée à certains problèmes…

Le roman suit les bonheurs, les coups de gueules et les galères d’une famille cocasse et hors du commun.

Tout cela dans la joie et la bonne humeur évidemment. Et sans oublier un soupçon de Falalalala…

Mon avis :

En un mot, ce livre est… génial ! Je pourrais le qualifier de véritable remède contre le cafard. Il se lit très rapidement et le style est fluide. Je ne me suis pas ennuyée et j’avais même hâte de retourner à ma lecture dès que je le pouvais.

Souvent, je trouve que les quatrièmes de couverture sont erronées, incomplètes, peu fidèles ou au contraire trop bavardes. Celle de Falalalala nous garantissait des torrents de fous rires et de larmes.

Pour le coup, je suis bien obligée d’admettre qu’elle ne mentait pas. Je me suis mise à rire toute seule ou à déprimer au gré des pages. Il m’est bien arrivé une fois ou deux, d’éclater d’un rire sonore au beau milieu d’un café ou dans le salon familial. Pourtant, cela m’arrive très rarement. En général, je forge mon avis après coup, après avoir ressassé et songé à la signification ou à l’interprétation de l’histoire. Ici, le sentiment est d’autant plus vivace qu’il me parvenait au fil de la plume de l’auteure.

Quant à la fin, qui est assez triste, elle nous réserve une dernière surprise, un ultime retournement de situation.

Les personnages, eux, sont délicieux, charmants, chacun doté d’un caractère bien marqué. On s’y attache très rapidement.

Maintenant j’en viens au point qui m’a le plus marqué dans ce récit. Au fond, l’intrigue du roman est à proprement parler inexistante : cet ouvrage n’est pas remarquable par l’action qui s’y déroule mais grâce à la description de cette famille de nains accompagnée d’un seul garçon de grande taille. Le portait de cette tribu est si vivant, si coloré et burlesque qu’il suffit à faire vivre ce récit.

Petit bémol : le style de l’auteure est VRAIMENT TRÈS cru. Tous les sujets y sont abordés, à commencer par le sexe. Ceci pourrait donc déstabiliser certains jeunes lecteurs.

Mais Falalalala, qui est sûrement l’un des livres les plus drôles que j’aie jamais lu, m’a parfois fait rire aux larmes.

« Élévation » de Stephen King

De quoi ça parle ?

Scott est un quinquagénaire américain presque obèse.

Néanmoins, depuis quelque temps, peu importe la quantité de nourriture qu’il ingurgite, il perd du poids ; BEAUCOUP de poids. Mais chose plus extraordinaire encore, sa masse corporelle, elle, ne change pas. Ainsi, même si Scott pèse désormais 20kg de moins par rapport à sa situation initiale, il apparaît toujours le même.

Inquiet, il se rend donc chez son ancien ami médecin, prénommé Bob Ellis. Mais ce dernier n’est pas plus avancé que lui sur la situation. Il n’a jamais rien vu de semblable et cela le préoccupe d’autant plus.

Scott continue cependant sa vie, avec son travail, son chat… Et ses voisins. Ou plutôt ses voisines. Car depuis peu, deux nouvelles jeunes femmes ont emménagé ensemble dans le quartier. Mais, leurs relations avec le protagoniste ne peuvent vraiment pas être qualifiées de cordiales. Pourquoi ? Tout simplement parce que, depuis quelque temps, les deux chiens de celles-ci ont décidé de considérer la pelouse de Scott comme leur litière personnelle.

Bien vite, néanmoins, il va s’apercevoir que dans la ville non plus, ses deux voisines ne sont pas très appréciées. En réalité, elles sont victimes de discrimination à cause de leur orientation sexuelle : lesbienne.

Il se rend alors compte que ce qu’il fait, lui, contribue d’une certaine manière à ces injustices. Le restaurant que les deux femmes ont ouvert ne reçoit aucun client et celui-ci est presque au bord de la faillite.

Le quinquagénaire prend soudain pitié d’elles et tente de renouer les liens. Mais son état de santé rend la situation préoccupante : tandis que la balance engage contre lui un inquiétant compte à rebours, Scott commence à se poser des questions : que va-t-il se passer quand elle affichera le kilogramme 0 ?

Va-t-il mourir ?

Mon avis :

Le livre partait sur de très bonnes bases, avec une excellente idée de départ qui était de surcroît originale. Je ne pense en effet pas avoir déjà vu un tel thème autre part. La fin est assez belle et prête à la rêverie. Les descriptions y sont poétiques mais… je n’ai pas aimé ce roman.

Tout ce qu’il se passait au milieu du livre était décevant. Je pense que j’ai été en grande partie désappointée à cause du dernier ouvrage que j’avais lu de Stephen King, Gwendy et la boîte à boutons,que j’ai adoré et dévoré !

A l’évidence, j’en attendais tout autant d’Élévation. Malheureusement, j’en ai trop espéré.

Pour commencer, la relation entre Scott et ses voisines était extrêmement niaise et kitsch.

Elle se résumait à : Il était une fois des voisins qui ne s’aimaient pas du tout. Puis un jour, ils découvrirent qu’ils s’adoraient. Ils devinrent alors inséparables, les meilleurs amis du monde, des BFF etc.

Premièrement, quels sont les pourcentages de chances pour que cela se produise dans la vrai vie ? Et deuxièmement, il n’y a pas plus cucul la praline.

Une seconde raison pour ma déception concerne la fameuse « maladie » de Scott. Elle était très ingénieuse et aurait pu donner quelque chose de profond. Mais avec toute cette histoire d’amitié, j’ai eu le sentiment que la « maladie » n’occupait plus la première place dans le récit. Pourtant, celui-ci s’intitule Élévation. J’avais donc supposé que tout tournerait autour de sa maladie et du nombre de jour qui lui resterait avant la date du « 0 ». Mais non ! Comme si ces préoccupations avaient été reléguées à la seconde place ou que l’auteur les avait oubliées en cours de route. On y revenait de temps en temps, mais bon…

Donc en fin de compte, comparé à Gwendy et la boîte à boutons,j’ai effectivement été très déçue.

Cependant, en soi, le roman est assez court et les pensées et sentiments de Scott vis à vis de sa « maladie » (lorsqu’on y revient enfin) sont très intéressants.

Ainsi, si vous souhaitez tout de même découvrir ce livre, sachez qu’il se lit très rapidement et que s’il ne vous plaît pas, vous pourrez le finir rapidement et passer à autre chose.

« Éden » de Rebecca Lighieri

De quoi ça parle ?

Ruby Chastaing, 13 ans, vit en banlieue parisienne avec ses parents et sa petite sœur Shéhérazade ainsi que son petit frère Adam.

Après treize ans de logement social, sa famille a emménagé dans un pavillon et, bien que possédant la place d’aînée, Ruby s’est vue contrainte de partager sa chambre avec sa petite sœur tandis que son frère a obtenu le privilège d’avoir une pièce individuelle.

Ses professeurs sont ennuyeux, les cours inintéressants ; bref, bien que la jeune adolescente n’ait pas non plus une vie franchement malheureuse, elle rêve de mieux. Elle voudrait avoir sa propre alcôve et attend patiemment le jour de ses dix-huit ans afin de pouvoir quitter sa famille.

Alors, afin d’échapper juste quelques instants à sa vie « médiocre », ainsi que de pouvoir se créer un semblant d’espace personnel, Ruby a annexé le cagibi près de sa chambre.

Ce soir, comme tous les soirs, la jeune fille s’y rend. Cependant, à peine s’y est-elle installée qu’elle ressent comme une bourrasque de vent et se retrouve dans une clairière éclairée par la lune. Quelque peu désemparée mais convaincue qu’elle se trouve dans un rêve, l’adolescente observe les alentours et aperçoit un couple s’embrassant au clair de lune. Puis, aussi vite qu’elle est arrivée, la vision s’évapore et la jeune fille se retrouve chez elle, dans son cagibi. Déboussolée, l’adolescente se questionne : était-ce un rêve, très réaliste, elle en convient, ou était-ce la réalité ?

Puis lorsque cela se reproduit, Ruby commence à douter, tout ceci ressemble de plus en plus à un voyage dans le temps. Et, progressivement, l’adolecente commence à se languir de ce monde si beau. Tout là-bas semble vert et luxuriant. Rempli d’odeurs, de goûts et de sensations. Alors que son monde est terne et sale, d’un blanc crasseux.

Comment avons-nous laissé notre Terre se dégrader ainsi ? Pourquoi ne l’avons-nous pas préservée ?

Telles sont les questions que se pose la jeune adolescente.

De plus, avec ses voyages, Ruby a enfin trouvé son sanctuaire, son refuge dans cette vie médiocre mais… pourra-t-elle y retourner éternellement ? Et est-ce vraiment une échappatoire ?

Mon avis :

Ce livre relativement court se lit très facilement. L’histoire progresse avec fluidité et l’on ne s’ennuie pas un seul instant en le lisant. Il n’y a pas de passages trop longs ou de descriptions ennuyeuses qui nous font décrocher de l’action principale.

L’idée de départ ainsi que le thème sont vraiment géniaux et l’auteure maîtrise parfaitement la trame afin de créer un léger suspens.

Un des seuls petits bémols, c’est le caractère du personnage principal. Ruby a un tempérament censé être original mais qui a déjà été vu des centaines de fois dans d’autres romans et commence à être quelque peu lassant. Elle est censée être le type de fille vivant dans un monde en décadence où les gens sont moches et stupides. Mais elle l’a compris et est au-dessus de tout cela.

Elle nous le fait comprendre, dépeignant sans relâche la stupidité de ses camarades de classe, de ses parents qui sont « faibles et influençables », de ses frères et sœurs, de ses profs et j’en passe. Évidemment, ils sont tous plus repoussants et insupportables les uns que les autres.

Cependant ses discours sont teintés d’humour. Voici par exemple comment elle décrit sa famille :

« […] je suis assignée à résidence avec des gens que je n’ai pas choisi de fréquenter. OK, ils sont globalement sympas, mais j’attends plus de la vie et des gens qu’un vague sentiment de sympathie. »

Sinon la tonalité du livre dans son ensemble est un peu déprimante et légèrement fataliste, mais « Éden » est tout de même propice à la rêverie avec des descriptions magnifiques. Il nous fait également prendre conscience de la Terre qui nous entoure et de l’importance de la préserver.

« F20 » d’Anna Kozlova

De quoi ça parle ?

Anioutik, la sœur de Youlia, est diagnostiquée schizophrène. La voilà gavée de médicaments et mise pour toujours au ban de la vie normale. Or Youlia se découvre bientôt les mêmes symptômes que sa sœur. Aidée par Anioutik, qui partage ses médicaments avec elle, Youlia va dissimuler sa maladie aux gens « normaux » pour pouvoir continuer à vivre comme si de rien n’était. Le problème, c’est que ces gens soi-disant normaux sont au moins aussi fous qu’elle, à commencer par ses parents, leurs amants respectifs, ses petits amis… Alors Youlia, toute seule, va devoir se débrouiller tant bien que mal pour essayer d’être heureuse.

Mon avis :

J’ai hésité à lire ce livre en raison de son sujet, mais je dois dire que je ne regrette pas un instant. C’est une lecture qui ne laisse pas indifférent. Il y a des passages très drôles (Youlia décrit notamment certaines réunions familiales comme une assemblées de pantins absurdes et cocasses) qui alternent avec des passages très durs et très poignants (sa relation « amoureuse » avec Marek est un mélange de sordide et de sublime, à mon sens). La solitude de l’héroïne et en même temps sa volonté de résister au sort, même si elle avance à l’aveuglette, n’importe comment… forcent l’admiration.

Finalement, en refermant ce livre, j’ai été incapable d’oublier Youlia et je me dis que c’est une grande réussite d’Anna Kozlova d’avoir construit un personnage aussi vivant et attachant, grâce ou malgré sa maladie, sans qu’on s’apitoie jamais sur son sort.

« Gwendy et la boîte à boutons » de Stephen King et Richard Chizmar

De quoi ça parle ?

Castle Rock, 22 août 1974, Gwendy Peterson de 12 ans s’apprête à rentrer au collège et son plus gros problème est son poids. Elle n’est pas grosse, juste un peu dodue. Cependant, cela lui vaut un joli petit surnom qui ne doit absolument pas la suivre au collège, question de réputation. Alors la jeune fille déterminée décide que tout les matins elle montera jusqu’à Castle View via les « Suicide Stairs » ou « marches des suicidés ». Ces charmants escaliers de trois cent cinq marches, elle les brave donc chaque matin en courant.

Mais un jour, tandis qu’elle arrive tout en haut, totalement éreintée, elle remarque un curieux monsieur entièrement habillé de noir. Cela lui paraît bizarre sous cette chaleur cuisante. Gwendy l’a déjà surpris plusieurs fois, assis sur le banc en train de lire. Mais ce matin, l’homme l’interpelle. Il se présente sous le nom de Richard Farris et sort un sac en papier contenant une étrange boîte en acajou : une « boîte à boutons ». Il lui dit qu’il l’a choisi elle, afin qu’elle la garde et la mette en sûreté. Cette boîte lui permettra de recevoir tout les jours un chocolat et de temps en temps une pièce de monnaie rare. Mais ce n’est pas tout. Sur le dessus de celle-ci sont alignés des boutons colorés, chacun d’eux représentant un continent. Sur ce, Richard Farris s’en va et laisse la petite fille ébahie.

Bien vite, Gwendy se rend compte que les chocolats que la boîte lui distribue (et qu’elle est d’abord réticente à goûter du fait de son poids) ont un effet totalement opposé à celui qu’elle avait imaginé. Une fois qu’elle en ingurgite un, elle se sent tout de suite rassasiée. La boîte opère ainsi plusieurs changements sur l’adolescente : à la fin de l’été, Gwendy est devenue une jeune fille grande et mince. Puis au fil des ans, elle embellit, excelle en tout (que ce soit à l’école ou en sport), même sa vision qui au départ nécessitait des lunettes se corrige.

Sa vie est transformée, mais… cette boîte n’apporte-t-elle que du bien ? Quelle est l’utilité de ces boutons ? La jeune fille découvre bien vite la réponse à l’une de ces questions et se rend compte qu’elle détient une entité à la fois redoutable et merveilleuse. C’est à elle de s’en servir pour le bien ou pour le mal…

Mon avis :

Il pourrait ne tenir qu’en un mot : génial ! Je l’ai dévoré en quelques heures. Ce n’est pas le premier roman que je lis de Stephen King, mais je pense que c’est l’un des meilleurs, voire LE meilleur que j’ai lu de lui (écrit seul ou avec un collaborateur).

J’ai récemment achevé la lecture de Sleeping Beauties qui est très long (702 pages), et mon avis est nettement plus mitigé. Gwendy et la boîte à boutons au contraire est très court (175 pages), et cela a permis à l’auteur d’être efficace et d’aller à l’essentiel. Dans la grande majorité de ses « longs » romans, Stephen King délaie, se répète et l’intrigue perd en dynamisme, contrairement à ses histoires plus brèves qui sont excellentes !

Dans Gwendy et la boîte à boutons, il y a juste la longueur idéale pour l’histoire qu’il avait à raconter : pas un temps mort, mais pas non plus l’impression que l’auteur y est allé trop rapidement. Je n’ai pas pu m’en décrocher. J’aurais d’ailleurs aimé continuer à le lire éternellement. L’intrigue est bien construite, les personnages sont intéressants et l’idée très originale. Je n’ai rien à redire.

Un réel coup de cœur !

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