L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux

Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Je tiens à m’excuser sincèrement pour l’absence de la semaine passée mais pour une fois j’ai une bonne excuse ! J’ai repris le chemin de l’école… Enfin bref, sans plus attendre, voici l’analyse du jour (en retard).

De quoi ça parle ?

Nine est furieuse. La grande fête du lycée doit se dérouler ce vendredi soir, pourtant rien ne se passe comme prévu. Titania, sa génitrice, l’a fait monter dans la voiture familiale et les voilà toutes les deux embarquées vers une destination inconnue. Torture et maltraitance ! L’adolescente crie au scandale. Mais sa mère fait la sourde oreille et le véhicule sort lentement des routes encombrées de la ville, s’engageant vers le lointain.

La nuit est tombée maintenant et Titania n’a livré aucune explication. Nine s’impatiente et commence à se poser des questions. Finalement, le voyage se termine inopinément lorsque, sous les yeux de la jeune fille de dix-sept ans, s’étale un grand lac enveloppé de la nuit épaisse. Au bord, une cabane marquée par le temps et l’humidité.

Sa mère la fait entrer, allume les braises dans le foyer et commence tranquillement à préparer le repas. Enfin, quand chacune est attablée, Titania prend la parole. La femme le sait, ses mots ne pourront se tarir qu’au lever du jour. Beaucoup d’explications doivent être données et une génération entière de l’arbre généalogique se trouve sur le point d’être dévoilée. Les non-dits ont assez duré, il lui faut parler à sa fille de sa famille, de son passé. Quand l’aube paraîtra, les secrets auront été révélés. Pour le meilleur ou pour le pire ? Cela, personne ne le sait…

Mon avis :

L’aube sera grandiose est un roman qui a rencontré un succès assez important au moment de sa sortie en librairie. Je le trouvais partout alors : sur les réseaux sociaux et même dans les bibliothèques de mes amies. Comme pour Boo de Neil Smith, je n’en rencontrais qu’éloges et recommandations. Mes attentes étaient donc élevées.

  • La structure :

La construction du récit est l’un des premiers éléments qui m’a marqué. Au fil des chapitres, le point de vue alterne entre le présent et le passé.

Dans le premier cas, nous sommes en compagnie de Nine et de sa mère, pendant que les deux jeunes femmes déterrent de vieux secrets enfouis.

Dans le deuxième cas, nous assistons justement à la résurrection de ce passé, au travers de l’enfance de Titania et de ses « lourds antécédents familiaux ».

Au premier abord, cette structure m’a paru très attirante. Je suis, je l’avoue, une grande fan de ce type de roman. Cependant, je ressors de cette expérience avec le goût amer de la déception…

Commençons par les points positifs toutefois :

  • Les qualités :

Les chapitres se déroulant dans le passé ont été, je trouve, une grande (voire la seule) réussite. Les moments insignifiants de l’enfance sont superbement dépeints et les personnages sont incroyablement touchants, attendrissants et vivants !

En somme, seuls les épisodes banals et communs du récit ont réussi à lui conserver un semblant de dignité. Un comble !

Par ailleurs, sur un aspect totalement différent, un léger bonus peut être accordé à la couverture de l’ouvrage, qui est, je dois dire, très esthétique.

Malheureusement, bien vite, les choses se gâtent…

  • Les défauts (et il y en a beaucoup…) :

Lorsque les soi-disant « révélations » viennent percer le tissu innocent de l’enfance de Titania, les affaires tournent rapidement au vinaigre. Les fameux plot-twist sont tirés par les cheveux et les évènements n’ont aucun lien les uns entre les autres.

Plusieurs fois, confrontée à la décision de l’un des personnages, je me suis questionnée sur ses motivations. Jamais je n’ai trouvé de réponses plausibles et acceptables : les actions de la trame n’ont pas de sens.

Les chapitres du présent sont improbables et niais ; les réactions mère-fille inappropriées et les moments de complicité mal racontés, ridicules. (Combien de fois me suis-je surprise à lever les yeux au ciel ?)

Enfin, le dénouement n’en est pas un, à tel point que j’ai dû rester plusieurs secondes, assise, à me questionner sur son sens et l’interprétation qui devait en être tirée. Encore une fois en vain.

  • Revue globale :

Beaucoup défendront probablement à corps et à cris ce roman, lui trouvant toute sorte de justifications et d’excuses. Mais pour moi, il n’a aucune consistance.

Les seuls passages agréables à mes yeux sont ceux de l’enfance, des souvenirs. Cependant, il semblerait qu’eux non plus ne servent à rien. Vers la deuxième moitié du roman, ils sont rapidement relégués au fond de la cour par l’auteur.

C’est à ce moment-là que se pose la question suivante : à quoi cela sert-il de raconter et de mettre en place un tel décor qui au final sera jeté à la poubelle ? Pourquoi placer le lecteur dans une atmosphère particulière avant de lui faire comprendre qu’en réalité, seules les soi-disant « explications » sont importantes (d’autant plus que celles-ci sont très peu révélatrices de quoi que ce soit) ?

Cet ouvrage tenait une bonne matière et un potentiel intéressant qui ont été gâchés. Je ne relirai plus de livre de l’auteur.

  • Petit point important concernant ce livre :

Avant de conclure cette critique, j’en profite pour apporter quelques brèves précisions sur la branche de littérature à laquelle appartient ce livre et qui de nos jours remporte de plus en plus de succès : la littérature « Young Adult ». Beaucoup d’adolescents de mon âge écument les titres de ce genre et ne jurent que par eux ! Pour moi cependant, ça ne marche pas.

Comme démontré ici avec L’aube sera grandiose, mais ce livre n’est pas isolé, les intrigues sont trop simples, trop enfantines. Les histoires sont grosso modo toujours les mêmes : de pauvres petits adolescents incompris ont de gros problèmes. Pourtant, ils sont les plus gentils, adorables et parfaits du monde (bien qu’ils le cachent parfois sous des airs sombres). Alors, vite vite, ils vont sauver le monde entier !

Enfin bref, la littérature adolescente, ce n’est pas ma tasse de thé et j’essaie en ce moment même de vider ma bibliothèque des derniers ouvrages de l’enfance/Young Adult. Je souhaite découvrir de nouvelles choses et ouvrir mes horizons comme on dit (non je ne suis pas folle).

Pourquoi, attendre pour découvrir la littérature « adulte » ? Est-ce vraiment nécessaire de patienter dans une autre catégorie apparemment « plus appropriée » à mon âge ?

Voilà ! C’est tout pour mon petit coup de gueule de la semaine. Bien évidemment, tout le monde est libre de lire ce qu’il veut, etc. etc. Du moment que l’on s’adonne à la lecture, n’est-ce pas l’essentiel ? Ces expressions métaphysico-niaises sont le signe que je dois m’arrêter d’écrire. Sur ce, à la semaine prochaine : ).

Et la lune, là-haut de Muriel Zürcher

Hey les amis ! J’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle critique. Sans plus attendre, la voici :

De quoi ça parle ?

Alistair n’a qu’un rêve : partir sur la Lune. Mais à vingt et un ans bien comptés, il n’est jamais sorti de son petit appartement. Depuis sa naissance, sa mère l’y enferme et lui refuse la moindre interaction avec l’extérieur.

Le jeune adulte ne s’en trouve pas pour autant démuni. Géni des maths, il a appris tout seul un tas de matières complexes, telles que la planétologie ou la science des matériaux.

Néanmoins, il y a une chose qu’il n’a jamais totalement réussi à maîtriser depuis l’écran de son ordinateur : la vie sociale. Prisonnier de sa propre génitrice, il n’a pas connu ce qui semble anodin au commun des mortels : courir, interagir, discuter, voyager, faire ses courses…

Alors, lorsqu’il se réveille un matin pour découvrir le corps sans vie de son bourreau étendu dans le salon, il va bien vite se rendre compte d’une chose : la réalité n’attend jamais pour nous rattraper. Bientôt, le grand monde sauvage et inconnu forcera les portes de sa cellule douillette…

Yaro, à peine dix-huit ans et complètement livré à lui-même, ne peut compter sur personne. Sans-papier, il erre dans les rues de la ville, à la recherche de LA bonne affaire.

C’est ainsi qu’en apercevant un grand gars déboussolé sortir de son immeuble, il pense avoir touché le gros lot. Mais comme le dit le dicton, les apparences sont trompeuses et l’occasion idéale tourne bien vite au vinaigre. Dès que Yaro établit le contact avec Alistair, il s’engage dans un nid d’embrouilles dont il ne pourra se dépêtrer.

Envers et contre tout, l’adolescent et le grand échalas rêveur s’unissent et s’engagent dans une aventure périlleuse contre la société et les barrières imposées. À deux ne peut-on pas tout conquérir ? Des papiers par exemple, ou encore la Lune !

Mais les épreuves ne sont pas toujours simples pour deux hommes toujours enfants, surtout aux yeux de la grande matrice : l’opinion publique.

Mon avis :

  • Les personnages :

Ils sont attachants.

Je pèse mes mots, rendez-vous compte. Alistair, jeune adulte vif mais spécial, aimante le lecteur et attise sa sympathie. Comme le dit son compagnon de voyage : Alistair

« est le gars le plus asocial qu’[il] connaisse, il passe son trajet à éviter le moindre contact physique avec sa sublime voisine, il reste plongé dans son livre, et malgré ça, il réussit à créer un lien entre tous les gens du wagon. […] [Si Yaro] avait la moitié de la capacité d’Alistair à embobiner les autres, il aurait déjà été régularisé. »

Dans la dernière analyse littéraire en date sur ce blog (Boo de Neil Smith), le protagoniste, Oliver, possédait un caractère trait pour trait identique à celui de ce jeune homme lunatique de vingt et un ans. Toutefois, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire, ce personnage m’avait paru trop peu réaliste, enfantin à mon goût. Malgré les efforts visibles de l’auteur, je ne suis pas parvenue à éprouver de la sympathie pour lui. Il arrive assez fréquemment que l’écrivain n’arrive pas à coller à son personnage : sa mentalité, son âge. En voulant créer un être marginal ou plus clairvoyant que les autres, on aboutit trop souvent à un côté « surfait ».

Ici, bien au contraire, Alistair a souvent provoqué de grands éclats de rires chez moi. Son attitude décalée, toujours un train de retard derrière les autres, mais néanmoins beaucoup plus en avance qu’il n’y paraît, n’a pas manqué d’attirer mon attention. Bien que les émotions de celui-ci puissent apparaître pour certains encore plus puériles que celles d’Oliver, il possède une aura, un petit quelque chose de plus qui ne manque jamais d’enthousiasmer le lecteur. Tout compte fait, la description de Yaro citée plus haut se révèle d’une vérité pure et dure !

Quant aux autres protagonistes de ce roman, Yaro, Sidonie, ils sont également dignes d’attention. Pétillants et sarcastiques, dérangés et spontanés… Tous contribuent à cet incroyable mélange frais et revigorant.

  • La trame :

Le fil conducteur de cet ouvrage est… intéressant. Plaisant et simple, il n’est pas difficile à suivre et ne requiert pas une grande attention du lecteur. Toutefois, il ne possède pas le petit plus qui peut rendre un roman « marquant ».

Une fois après avoir tourné la dernière page du roman, ma première pensée a été :

« C’est une agréable lecture que voilà ! »

Toutefois maintenant, quelque temps plus tard, la trame a déjà commencé à s’effacer de ma mémoire. Ceci ne peut signifier qu’une chose : ce n’est pas un livre à l’empreinte durable.

  • En conclusion…

Et la lune, là-haut me laisse mitigée. M’inspirant à la fois beaucoup et peu. Il est parfois des romans qui offrent matière à réflexion et, au bout du compte, n’apportent pas grand-chose.

Outre les personnages attachants et sympathiques, le style est fluide, agréable et possède une certaine originalité. En somme les ingrédients sont réunis pour créer un très bon ouvrage et pourtant, faute de véritable armature, l’impression laissée par sa lecture se dissout presque entièrement au fil du temps !

Mais bon… Au fond, le mieux serait que vous testiez, vous aussi, et que vous m’en fassiez des retours ! ; )

  • Un avant-goût pour les intéressés :

Il est toujours bon de partir avec une atmosphère en tête. En trois citations, Et la lune, là-haut peut se résumer ainsi :

  1. « Le lendemain, elle attache les menottes autour des chevilles de son fils. La chaîne qui les relie fait une quarantaine de centimètres, de quoi se déplacer à très petits pas dans l’appartement. Il lui faut moins de quatre heures pour réussir à débloquer le mécanisme et se libérer. Les chaînes sont aussi dans sa tête, il ne sortira plus de l’appartement. »
  2. «  Je fais des photos des rails, sous le train. Ils brillent et il y avait un oiseau. Tu crois qu’il existe un nettoyeur de rails ? Il y a peut-être des souris aussi. Ou des rats, comme Rémi dans Ratatouille.

Yaro accélère le pas. Qu’est-ce qu’il lui a pris de venir à Paris avec lui ? Pour rester discret, il y a mieux !

  – C’est bon ? T’as fini ton reportage animalier, on peut aller à l’Observatoire ? »

3. « Ben non ça va pas. Je me doute bien qu’y a un endroit où ma vie a buggé vu que je suis avec des gens qui parlent de dessécher de la pisse… mais où est-ce que ça a bien pu dérailler ? Là, je ne vois pas. Alistair, au moins, il a une excuse pour être aussi barré. Mais toi, tu devrais être en train de l’engueuler et de l’obliger à régler le problème de sa mère plutôt que de le faire participer à des concours de pisse.

Les concours de pisse sont des concours comme les autres, répond Sidonie. Je ne vois pas en quoi ça te choque. »

« Falalalala » d’Emile Chazerand

De quoi ça parle ?

Près de Strasbourg, dans un village à l’écart, une petite famille pittoresque s’épanouit loin de la société et des méthodes modernes. Cette tribu en Alsace, tout le monde la connaît : ce sont les Tannenbaum. Ensemble, ils constituent la plus grande attraction de la région après la cathédrale de Strasbourg.

Comment les décrire ? Pour tout vous dire, ce n’est pas simple, car cette famille hétéroclite est tout sauf conventionnelle.

Pour commencer, une mise en contexte s’impose : depuis trois générations chez les Tannenbaum, on est tous achondroplases et toutes filles. Achondro quoi ? Autrement dit, nos protagonistes sont atteints de nanisme.

Seulement, voilà que se présente le premier pépin : Richard, le petit fils de la matriarche de la tribu, Bettina, n’est ni de sexe féminin, ni petit. Il est même grand, très grand. Comment cela est-il possible ? Bonne question…

Maintenant, passons à la raison de cette popularité qui attire chaque année, et plus particulièrement pendant la période de Noël, des foules de touristes curieux et inquisiteurs, qui viennent s’agglutiner aux abords de la petite maison, telles des hordes d’abeilles vrombissantes autour d’un pot de miel.

Cela remonte à quelques branches de l’arbre généalogique, lorsque dans une famille alsacienne, naît un garçon nain. Son père est embêté, il ne sait trop que faire de son petit homme, maintenant d’âge mûr. C’est alors qu’il prend la décision de l’envoyer suffisamment loin, afin de le marier avec une autre femme atteinte de la même condition physique.

Délaissé, le jeune couple décide alors, à l’instigation du petit homme, de construire une maison rien que pour eux. Une résidence où tout est adapté à la taille des nains. Puis, ils poussent leur utopie encore plus loin et décide de monter une entreprise de spécialités alsaciennes et de créer un univers entièrement miniature, composé de petits animaux et de tout ce qui va avec. Ainsi, ils souhaitent attirer les grands dans le territoire de petits, imposer leurs méthodes, pour que les grands en viennent à se sentir mal à l’aise.

C’est ainsi qu’est née l’entreprise des Tannenbaum.

Maintenant, le petit homme et sa femme sont morts, léguant le business à leurs filles Bettina et Fritzi. Depuis ont vu le jour, les filles de Bettina : Katinka et Zella, qui ont elles-mêmes mis au monde leurs enfants respectifs : Richard, Leni, Ludovika et Herta.

L’entreprise est maintenant bien prospère, le public accourt ! Tous veulent goûter leurs fameux Bredeles et voir les animaux miniatures. 

Mais la famille est confrontée à certains problèmes…

Le roman suit les bonheurs, les coups de gueules et les galères d’une famille cocasse et hors du commun.

Tout cela dans la joie et la bonne humeur évidemment. Et sans oublier un soupçon de Falalalala…

Mon avis :

En un mot, ce livre est… génial ! Je pourrais le qualifier de véritable remède contre le cafard. Il se lit très rapidement et le style est fluide. Je ne me suis pas ennuyée et j’avais même hâte de retourner à ma lecture dès que je le pouvais.

Souvent, je trouve que les quatrièmes de couverture sont erronées, incomplètes, peu fidèles ou au contraire trop bavardes. Celle de Falalalala nous garantissait des torrents de fous rires et de larmes.

Pour le coup, je suis bien obligée d’admettre qu’elle ne mentait pas. Je me suis mise à rire toute seule ou à déprimer au gré des pages. Il m’est bien arrivé une fois ou deux, d’éclater d’un rire sonore au beau milieu d’un café ou dans le salon familial. Pourtant, cela m’arrive très rarement. En général, je forge mon avis après coup, après avoir ressassé et songé à la signification ou à l’interprétation de l’histoire. Ici, le sentiment est d’autant plus vivace qu’il me parvenait au fil de la plume de l’auteure.

Quant à la fin, qui est assez triste, elle nous réserve une dernière surprise, un ultime retournement de situation.

Les personnages, eux, sont délicieux, charmants, chacun doté d’un caractère bien marqué. On s’y attache très rapidement.

Maintenant j’en viens au point qui m’a le plus marqué dans ce récit. Au fond, l’intrigue du roman est à proprement parler inexistante : cet ouvrage n’est pas remarquable par l’action qui s’y déroule mais grâce à la description de cette famille de nains accompagnée d’un seul garçon de grande taille. Le portait de cette tribu est si vivant, si coloré et burlesque qu’il suffit à faire vivre ce récit.

Petit bémol : le style de l’auteure est VRAIMENT TRÈS cru. Tous les sujets y sont abordés, à commencer par le sexe. Ceci pourrait donc déstabiliser certains jeunes lecteurs.

Mais Falalalala, qui est sûrement l’un des livres les plus drôles que j’aie jamais lu, m’a parfois fait rire aux larmes.

« Éden » de Rebecca Lighieri

De quoi ça parle ?

Ruby Chastaing, 13 ans, vit en banlieue parisienne avec ses parents et sa petite sœur Shéhérazade ainsi que son petit frère Adam.

Après treize ans de logement social, sa famille a emménagé dans un pavillon et, bien que possédant la place d’aînée, Ruby s’est vue contrainte de partager sa chambre avec sa petite sœur tandis que son frère a obtenu le privilège d’avoir une pièce individuelle.

Ses professeurs sont ennuyeux, les cours inintéressants ; bref, bien que la jeune adolescente n’ait pas non plus une vie franchement malheureuse, elle rêve de mieux. Elle voudrait avoir sa propre alcôve et attend patiemment le jour de ses dix-huit ans afin de pouvoir quitter sa famille.

Alors, afin d’échapper juste quelques instants à sa vie « médiocre », ainsi que de pouvoir se créer un semblant d’espace personnel, Ruby a annexé le cagibi près de sa chambre.

Ce soir, comme tous les soirs, la jeune fille s’y rend. Cependant, à peine s’y est-elle installée qu’elle ressent comme une bourrasque de vent et se retrouve dans une clairière éclairée par la lune. Quelque peu désemparée mais convaincue qu’elle se trouve dans un rêve, l’adolescente observe les alentours et aperçoit un couple s’embrassant au clair de lune. Puis, aussi vite qu’elle est arrivée, la vision s’évapore et la jeune fille se retrouve chez elle, dans son cagibi. Déboussolée, l’adolescente se questionne : était-ce un rêve, très réaliste, elle en convient, ou était-ce la réalité ?

Puis lorsque cela se reproduit, Ruby commence à douter, tout ceci ressemble de plus en plus à un voyage dans le temps. Et, progressivement, l’adolecente commence à se languir de ce monde si beau. Tout là-bas semble vert et luxuriant. Rempli d’odeurs, de goûts et de sensations. Alors que son monde est terne et sale, d’un blanc crasseux.

Comment avons-nous laissé notre Terre se dégrader ainsi ? Pourquoi ne l’avons-nous pas préservée ?

Telles sont les questions que se pose la jeune adolescente.

De plus, avec ses voyages, Ruby a enfin trouvé son sanctuaire, son refuge dans cette vie médiocre mais… pourra-t-elle y retourner éternellement ? Et est-ce vraiment une échappatoire ?

Mon avis :

Ce livre relativement court se lit très facilement. L’histoire progresse avec fluidité et l’on ne s’ennuie pas un seul instant en le lisant. Il n’y a pas de passages trop longs ou de descriptions ennuyeuses qui nous font décrocher de l’action principale.

L’idée de départ ainsi que le thème sont vraiment géniaux et l’auteure maîtrise parfaitement la trame afin de créer un léger suspens.

Un des seuls petits bémols, c’est le caractère du personnage principal. Ruby a un tempérament censé être original mais qui a déjà été vu des centaines de fois dans d’autres romans et commence à être quelque peu lassant. Elle est censée être le type de fille vivant dans un monde en décadence où les gens sont moches et stupides. Mais elle l’a compris et est au-dessus de tout cela.

Elle nous le fait comprendre, dépeignant sans relâche la stupidité de ses camarades de classe, de ses parents qui sont « faibles et influençables », de ses frères et sœurs, de ses profs et j’en passe. Évidemment, ils sont tous plus repoussants et insupportables les uns que les autres.

Cependant ses discours sont teintés d’humour. Voici par exemple comment elle décrit sa famille :

« […] je suis assignée à résidence avec des gens que je n’ai pas choisi de fréquenter. OK, ils sont globalement sympas, mais j’attends plus de la vie et des gens qu’un vague sentiment de sympathie. »

Sinon la tonalité du livre dans son ensemble est un peu déprimante et légèrement fataliste, mais « Éden » est tout de même propice à la rêverie avec des descriptions magnifiques. Il nous fait également prendre conscience de la Terre qui nous entoure et de l’importance de la préserver.

« Sur l’île de de Lucifer » de Serge Quadruppani

De quoi ça parle ?

À Ayguière, un petit village situé dans le plateau de Millevasques, Tom, 10 ans, découvre un jour le corps de Didier Dubois transpercé par un pieu. Ce dernier était connu pour son poste de directeur dans le cadre du projet de destruction de la forêt de l’Aitre afin d’y construire une usine à pellets. Le capitaine Lionel Gaufre de la Brigade de recherches de Limoges ainsi que le commissaire Francesco Maronne d’Interpol et la capitaine Sylvie Mercure de la DPSD se rendent aussitôt sur place et commencent à enquêter.

Les soupçons se tournent tout d’abord vers la Commune libre du Plateau. Ce parti, comme tout le monde le sait, a été créé afin de militer contre l’abattage de la forêt et la police ayant retrouvé un pieu identique à celui de la scène de crime, chez Olivier Charmille (militant du parti) la question suivante se pose tout naturellement: « Ne serait-il pas plus simple pour la Commune libre d’assassiner celui qui est à la source de tous leurs problèmes ? » Ainsi tout serait réglé n’est-ce pas ? Mais les choses sont-elles aussi simples ?

Tout d’abord il y a Gladys Paskawit, la gardienne de l’île de Lucifer (qui se situe au-delà de la forêt). Cette femme, qui prétend être la sorcière du village, tient en sa possession le téléphone du défunt. Selon ses dires, Dubois l’aurait contactée le jour de sa mort et lui aurait demandé de récupérer son portable afin de le faire parvenir à la capitaine Mercure quoi qu’il arrive. Lorsque la capitaine se rend sur l’île afin de récupérer le fameux téléphone et d’interroger la femme, elle lui fait une imitation parfaitement réussie de la voix de Didier Dubois. Mais était-ce une imitation ? Toujours est-il que la gardienne affirme avoir fait parler son fantôme.

Ensuite la police reçoit une étrange lettre de revendication de provenance inconnue.

Les choses s’enchaînent et un deuxième meurtre est commis.

Mais la réponse se trouve-t-elle chez les adultes ou faut-il plutôt regarder du côté des enfants ?

Mon avis :

Autant le dire d’emblée, je n’ai pas du tout aimé. J’ai trouvé que le roman était bâclé.

Je m’explique : l’histoire commence bien, le meurtre est assez vite découvert et le cadre mis en place, mais ensuite ça se gâte. L’intrigue part dans tous les sens et l’auteur nous perd dans un dédale de pistes et d’hypothèses.

Bien qu’elle commence rapidement, l’histoire semble ensuite stagner. Puis peu à peu, le meurtre semble ne plus être le thème principal et, si parfois on y revient, c’est pour nous perdre un peu plus dans son écheveau compliqué. L’ouvrage paraît en définitive trop court pour ce qu’il a à raconter.

La quatrième de couverture annonce que l’histoire va tourner autour d’une l’incertitude – les morts parlent-ils ou non ? – et suggère un univers entre le rationnel et le fantastique. On nous fait aussi croire que les enfants vont jouer un rôle important et que tout va se tourner vers eux. L’île de Lucifer est également présentée comme recelant des secrets et détenant la clef du mystère – le livre s’intitule d’ailleurs : « Sur l’île de Lucifer » –, cependant, tous ces éléments ne jouent pas un très grand rôle dans le roman, voire n’y apparaissent pas du tout.

L’auteur a néanmoins une très belle plume, même si certains passages sont un peu trop lourds à mon goût.

Donc en conclusion, un résumé trompeur, une histoire trop courte, trop compliquée pour le petit nombre de pages et une fin bâclée.

Texte reçu dans le cadre de la Masse critique Babelio. Merci aux éditions Snag (cette première expérience ne me dissuadera pas de lire d’autres livres de leur alléchant catalogue).

Quelques mots d’ « Agates et calots » de Joseph Joffo

J’ai lu ce livre il y a maintenant un peu plus d’un an et dans l’impossibilité de pouvoir vous en faire une critique de peur que mon jugement ne soit plus fiable, je souhaite tout de même vous faire découvrir un passage de ce livre. Une sorte de minuscule ouverture sur l’univers qu’il renferme. Agates et calots de Joseph Joffo relate l’enfance de l’auteur et tout ce qui s’est passé avant Un sac de bille.

Le contexte :

Joseph, dernier enfant d’une famille nombreuse, se retrouve un matin comme les autres à aider ses parents dans leur salon de coiffure, son travail consistant à prendre les recettes et ensuite à aller les chercher au marché.

Ce matin-là cependant, tandis qu’il attend les premières commandes, une cliente habituelle pénètre dans le petit salon pour ses soins quotidiens après une nuit passée à travailler. Elle s’exclame que si son mari la voit dans cet état, il fera une crise cardiaque.

Le petit Joseph demande alors à sa sœur :

« Madeleine, qu’est-ce qu’elle raconte ? C’est quoi une crise cardiaque ? »

Sa sœur ne lui répondant pas, le petit garçon garçon insiste et finalement la cliente en question s’approche et le lui explique :

« Faut pas le laisser mourir idiot, ton petit frère, après tout, il veut s’instruire ce gosse ! Viens ici, Jojo, je vais t’expliquer. Tu vois, je suis tellement tarte que, si je rentre dans cet état, mon mari risque d’avoir un malaise. Tu sais, comme toi quand tu as mangé trop de bonbons ou de chocolats, tu as mal au cœur…

Tu comprends ? »

Sur ce, le petit garçon lui répond :

« Mais alors, tu n’as pas pensé à nous ! Nous aussi, on aurait pu faire une crise cardiaque quand t’es entrée ! »

Madeleine inflige alors à son frère une gifle mémorable.

« Tout le monde te haïra » d’Alexis Aubenque

De quoi ça parle ?

White Forest en Alaska a des apparences de ville tranquille, pourtant il ne faut pas s’y fier. Laura Barnes, une journaliste, y a disparu ; Stuart Kruger, un chef d’entreprise, y a été saigné comme un porc ; et à quelques kilomètres de là, un chantier exhume des dizaines de cadavres provenant d’un naufrage au début du XXe siècle… La lieutenant Tracy Bradshaw et son ex-collègue, le détective privé Nimrod Russell enquêtent, la première sur le meurtre de Kruger, le second sur la disparition de la journaliste. Laura Barnes s’est-elle enfuie avec son amant, comme certains indices le laisseraient croire ? Stuart Kruger a-t-il été la victime d’un Inuit ? Et pourquoi les enfants censés avoir été transportés par le bateau naufragé ont-ils tous disparu ? Autant de questions exigeant réponse. Bradshaw et Russell mènent vaillamment leur enquête dans un froid polaire, en dépit de dangers qui manqueront de peu de leur être fatals et malgré des difficultés personnelles qu’ils parviendront peu ou prou à surmonter.

Mon avis :

Bon, autant le dire tout de suite, je suis bon public, j’ai donc dévoré ce roman, même si je suis bien consciente qu’il n’est pas très original. Un traditionnel duo d’enquêteurs… mais tant pis, ils me plaisent bien, à moi, ces deux-là, surtout Nimrod, il faut bien le dire (ça doit être mon côté fleur bleue). Des soupçons trop évidents, dont on sait d’emblée qu’ils seront démentis… mais justement, ça fait parti du truc (on sait que c’est une fausse piste, et on fait quand même semblant d’y croire). Des courses-poursuites/situations ultra dangereuses dont les héros ressortent toujours vivants… il ne manquerait plus qu’ils meurent ! Bref, on l’aura compris, un polar classique, mais si efficace que je l’ai dévoré d’une traite. Alors j’en redemande. Je crois que je ne vais pas tarder à attaquer la série River Falls du même auteur.

« 14-14 » de Silène Edgar et Paul Beorn

De quoi ça parle ?

Lorsque deux cousins, Adrien et Hadrien commencent à correspondre par courriel, ils ne se doutent pas un instant de ce qui va arriver.

En effet, quelques semaines plus tard, ils font une découverte quelque peu… déstabilisante. Hadrien vit en 1914 et Adrien en 2014.

A un siècle d’écart l’un de l’autre, les deux adolescents n’y comprennent plus rien. Puis Adrien réalise une chose terrible. En 1914, la Première Guerre mondiale va éclater et faire des milliers de morts. Il ne reste plus qu’un mois ou deux avant que l’enfer ne commence.

La vie d’Hadrien et de sa famille court alors un terrible danger.

Mon avis :

L’histoire est plutôt longue à démarrer et j’ai trouvé la première partie du livre assez ennuyeuse. Les personnages se morfondent sur leur sort et sont malheureux.

Cependant, dans la deuxième partie, les évènements s’enchaînent et tout s’accélère. On ne peut plus lâcher le livre. La fin est accompagnée de rebondissements, enrichis par des informations historiques sur la Première Guerre mondiale.

C’est un livre simple et rapide à lire que je recommande entre deux lectures compliquées.

« Les culottées, tome 1 » de Pénélope Bagieu

De quoi ça parle ?

Cette bande dessinée raconte les vies de quinze femmes qui n’ont écouté personne d’autre qu’elles-mêmes. Qui sont-elles ? Les voici :

-Clémentine Delait : la femme à barbe

-Nzinga : la reine du Ndongo et du Matamba

-Margaret Hamilton : l’actrice terrifiante

-Las Mariposas : les sœurs rebelles

-Josephina Van Gorkun : l’amoureuse têtue

-Losen : la guerrière chamane

-Annette Kellerman : la sirène

-Delia Akeley : l’exploratrice

-Joséphine Baker : la danseuse, résistante et mère de famille

-Tove Jansson : la peintre et créatrice de trolls

-Agnodice : la gynécologue

-Leymah Gbowee : la travailleuse sociale

-Giorgina Reid : la gardienne du phare

-Christine Jorgensen : la célébrité

-Wu Zetian : l’impératrice

Toutes ces femmes qui ont fait avancer l’histoire à leur manière !

Mon avis :

J’ai adoré cette bande-dessinée qui nous montre que certaines filles créent et inventent en écoutant leur cœur. Grâce à leur détermination, elles ne se laissent influencer par personne !

Ces histoires sont attachantes avec des pointes d’humour. Elles nous retranscrivent de façon convaincante la mentalité de l’époque où elles se sont déroulées et nous redonnent même parfois, légèrement espoir.

En somme, toutes ces femmes sont parvenues à contrôler leur destin ; même sous l’influence de la société !

De plus, le graphisme est très agréable et retranscris parfaitement les scènes avec leurs émotions.

En conclusion, je conseille vivement cet ouvrage qui est très court. Et pour ceux, qui comme moi, ont eu un réel coup de cœur, le tome 2 vous tend les bras !

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